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Charleroi : Les travailleurs de la Ville mettent les grèves tournantes en mode pause jusqu'en février (vidéo)

Ce mercredi, ce sont les ouvriers du service propreté qui étaient en grève et il en va ainsi depuis deux mois environ à la Ville de Charleroi, où les agents ont de plus en plus le sentiment de ne pas être entendus.  Pourtant, la grève tournante entamée en novembre, va faire une pause jusqu’en février, pour que les services hivernaux puissent être assurés.  Le combat continue néanmoins avec notamment une longue lettre adressée au ministre socialiste des pouvoirs locaux, Christophe Collignon. 

Depuis quelques jours, le chauffage est en panne à l’hôtel de ville de Marcinelle. Mercredi, profitant de ce contretemps, les travailleurs ont débrayé avec leurs collègues de la propreté pour un jour de grève. Cette situation qui est pourtant emblématique de ce qu'il se passe dans les différents services de la ville de Charleroi. Philippe Barbion, le secrétaire régional de la Cgsp Admi, constate qu’il manque effectivement de main d'oeuvre au service technique.

« Quand on voit que l’on a eu des problèmes à l’hôtel de ville de Ransart, de Gosselies et aujourd’hui Marcinelle, la ville n’est pas responsable de tout, il y a des impondérables, mais cela dénote d’un manque de travailleurs et de la manière dont on gère les stocks de matériel.  Quand la main d’oeuvre était là, les services étoffés et le matériel dans les magasins, ça allait plus vite. Aujourd’hui, à Marcinelle il faut un marché public. »

Et donc cela risque de prendre au minimum 3 semaines, avant que les agents ne puissent à nouveau travailler dans de bonnes conditions. Actuellement, un groupe électrogène est installé avec des radiateurs à bain d’huile.

Mais si ce n'était que cela, les travailleurs de la Ville n'auraient aucune raison de se plaindre. Hors depuis deux mois, ils ont décidé de faire des grèves tournantes.  Service après service, ils se mettent à l'arrêt une journée pour dénoncer tous les manquements qu'ils constatent dans leur quotidien, et visiblement, il y en a beaucoup. 

10 pages de revendications 

Les revendications des travailleurs de la Ville sont nombreuses, mais il y a des priorités : 

  • Les plans d'embauche ne correspondent pas aux manquements sur le terrain, 
  • Le problème des nominations souvent évoqué n’est toujours pas réglé
  • ils n’ont aucune information concernant les pensions
  • Ils ne voient aucun renfort arriver, mieux les ouvriers de la propreté sont reclassés chez Tibi. 

Pour la Cgsp, le bien-être du travailleur n'est absolument pas respecté et les conditions de travail sont déplorables. La Ville pourtant n'offre, à l'heure actuelle, aucune solution. 

« La ville n’a pas changé son fusil d’épaule, nous sommes convoqués une fois par mois et le bourgmestre convoque les partenaires sociaux pour le 15 février, pour nous exposer un plan. Lequel ? Nous estimons de notre part que c'est depuis deux mois que nous menons des actions, une réponse pour le 15 février c’est un peu tard. »

Les syndicats en front commun ont donc rédigé un courrier au ministre des pouvoirs locaux Christophe Collignon, une missive de 10 pages que le socialiste devrait analyser pour agir dans le cadre de ses compétences, c'est ce qu'espère en tout cas les syndicats. 

« Nous avons rédigé un courrier avec nos doléances et revendications. Il y a de la matière à dénoncer et si l’on veut être entendu, il faut être précis sur les demandes.  Si nous avions fait une demi page, nous n’aurions pas été cohérents avec nos revendications.  Les 10 ou 11 pages valent le contenu. »

Les grèves tournantes sur pause

Les crèches, le service propreté, celui des bâtiments, les guichets d’accueil, les ATL, le plan de cohésion sociale, tous ces services se sont déjà mis à l’arrêt au moins une journée.  Aujourd’hui, suite au courrier envoyé au ministre, suite aux conditions climatiques hivernales, les agents de la ville veulent prendre leurs responsabilités et mettent leur mouvement à l’arrêt jusqu’en février. 

« Il y a plus ou moins 7 à 8 services qui ont déjà fait grève. Notre intention est de ne pas pénaliser le citoyen.  C’est l’idée des grèves tournantes.  Aujourd’hui, on ne veut pas que la garde hivernale ne puisse pas fonctionner.  Nous avions l’intention de proposer une action de grève dans les cimetières, mais avec la pandémie c’est compliqué.  Donc, nous avons décidé de postposer les prochaines actions, aussi pour laisser le temps au ministre de nous répondre.  Ensuite, nous verrons bien et si le ministre fait également la sourde oreille, les actions pourront continuer sur Charleroi, et nous ne manquerons pas d’aller lui porter des pralines à Namur. »

Le but des grèves tournantes des agents communaux est donc bien d’être entendu et non de prendre qui que se soit en otage. Mais la colère gronde puisque jusqu'ici leur mouvement n'a pas été suivi d'effets. 

 

 

 


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