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La maison Dutroux rasée pour en faire un jardin mémorial

Lors d'une conférence de presse en présence des parents de Julie et Mélissa, le bourgmestre de Charleroi a annoncé que la maison de Marc Dutroux, à l'avenue de Philippeville, sera détruite pour laisser place à un jardin mémoriel. Une décision attendue depuis des années et qui devrait être mis sur pied durant l'année 2023. 

"Entre Terre et Ciel". C'est le nom que portera le jardin mémoriel qui prendra place à la rue de Marcinelle lorsque la maison de Marc Dutroux, rachetée in illo tempore par la Ville,  sera bientôt détruite. C'est en présence des parents Russo et Lejeune que le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette a fait cette annonce ce vendredi matin. 

"S’élever, prendre de la hauteur, pour ne pas oublier mais pour adoucir la mémoire, les mémoires,... Celle des familles des victimes, celle des gens d’ici, celle enfin de tout un pays marqué par la tragédie", explique Paul Magnette. Charleroi a choisi d’élever un jardin mémoriel à la rue des Damzelles. Un jardin tout entier mémorial « entre terre et ciel » ainsi que l’ont appelé les parents."

Seul, le sous-sol sera gardé ! 

Les parents Russo et Lejeune ne voulaient pas que la maison soit détruite. Ils voulaient en faire un lieu de mémoire un peu comme l'est la maison d'Anne Frank. "Avec Jean-Denis, on en a discuté et on pensait que cela pouvait être pédagogique, comme cela a été fait avec la maison d'Anne Frank, c'est un lieu chargé d'histoire", confie Gino Russo, le papa de Mélissa. Finalement, les deux parents ont fait marche arrière et ce jardin mémoriel est le fruit de nombreuses discussions avec tous les partenaires. "Finalement, pour les riverains, il était préférable que l'on rase la maison et que l'on transforme l'endroit en un jardin mémoriel." 

"Le projet a évolué, la réflexion aussi. On va détruire cette maison mais il se fait que l'on va garder le lieu de détention des petites, ce qui veut dire que la cache sera toujours accessible", explique Jean-Denis Lejeune. Si on garde le sous-sol, c'est dans l'éventualité d'une nouvelle enquête qui pourrait pour éclaircir certaines zones d'ombre.

Le Bouwmeester de Charleroi, Georgios Maillis, précise: "Par cette intervention, nous allons lever des murs pour effacer la noirceur et y faire entrer la lumière. Si mon premier sentiment était la colère, une profonde tristesse l'a bien vite remplacée en imaginant les horreurs dont est capable l'être humain. ensemble, avec Carine, Louisa, Gino et Jean-Denis, nous avons créé un lieu d'apaisement mémoriel. Un jardin qui ramène de la vie dans ce quartier meurtris".

25 ans après

Cela fera 25 ans en août prochain que Julie et Mélissa ont été retrouvée morte à Sars-La-Buissière après avoir séjourné dans la maison de l'horreur à Marcinelle. Depuis, on ne cesse de parler du devenir de la maison de Dutroux. Il y a plus de 15 ans, une fresque avait déjà recouvert la façade. Et voilà des années qu'on parle, effectivement, d'un mémorial. Un peu à l'instar de ce qui s'est fait à la rue Daubresse, à Jumet, là ou An et Eefje ont été retrouvée dans le jardin du chalet de Bernard Weinstein.

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Apaiser tout un quartier

Le travail autour de ce projet s'est fait en concertation avec les parents de Julie et Mélissa. La volonté de la Ville de Charleroi est d'opérer un travail de transfiguration de tout le quartier qui aspire à l'apaisement depuis 25 ans.

L'objectif est d'enclencher une valorisation paysagère et urbaine au travers de différentes interventions sur les parcelles démolies dans les rues avoisinantes. L'essentiel du projet réside donc dans la création d'un jardin mémoriel, à l'intersection de la rue des Damzelles et de l'Avenue de Philippeville ainsi que dans l'aménagement des rues et des abords du chemin de fer. Ce sera, bien sûr aussi, un lieu de recueillement mais on ne sait pas si des éléments de la maison seront intégrés à ce jardin. 

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La fresque réinterprétée

L'idée du projet consiste donc en la destruction de la maison Dutroux et d'insérer de la maçonnerie assurant la stabilité du mur mitoyen. Une jardinière sera créée ainsi qu'un vaste bac à arbre de 200 m2 qui sera éclairé par un mât de lumière. Les essences d'arbres ont été choisies afin qu'il y ait une floraison toute l'année. Le mur sera en briques blanches émaillées teintées de rose Les deux façades accueilleront également l'oeuvre d'un plasticien contemporain. La fresque murale actuelle, ancrée dans la conscience collective des Carolos sera effectivement réinterprétée.

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