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Vaccination du personnel hospitalier ce lundi, oui mais...

Vaccination du personnel hospitalier ce lundi, oui mais...

Alors que le processus de vaccination est en cours dans les maisons de repos, lundi prochain (18 janvier) ce sera le tour du personnel hospitalier.  Est-il prêt ? C’est pour le savoir que nous avons interrogé, de manière anonyme, quatre travailleurs de différents hôpitaux de la région.  

De manière générale, et selon l’avis d’un représentant syndical en milieu hospitalier, le personnel est majoritairement en faveur d’un vaccin. En ce qui concerne les personnes qui s’y opposent, elles appartiennent à toutes les catégories de travailleurs et toutes les tranches d’âge. 

« Il est à l’heure actuelle difficile d’avoir une vue d’ensemble, la décision de se faire vacciner étant de la responsabilité de chacun, les hôpitaux ne sont pas censés communiquer là-dessus.  D’autre part, certains changent d’avis et ils ont leurs raisons, souvent liées à l’avis ou à la protection de leur entourage. Un argument en faveur du vaccin est qu’il pourrait être lié au fait de pouvoir continuer à voyager à l’étranger »

Pour ou contre le vaccin Pfizer-BioNtech, le premier distribué chez nous ? Les entretiens que nous avons réalisés n’ont pas valeur de sondage, mais offrent un aperçu du sentiment de ces travailleurs, décidément toujours en première ligne.

Les ambulanciers en première ligne

Patrick (prénom d’emprunt) est pompier - ambulancier, lui et ses collègues sont depuis peu reconnus comme personnel de première ligne, il attend donc avec impatience d’être vacciné. 

« Les gens ne savent pas ce que c’est de faire une garde et de partir la peur au ventre. Depuis un peu plus de 10 mois, chaque fois que nous partons, même si on nous dit que ce n’est pas un patient Covid, nous nous méfions.  Combien de fois ne nous a-t-on pas téléphoné de l’hôpital après coup pour nous dire « finalement, le patient était porteur de la Covid-19. »  Tout le monde est potentiellement porteur ! » 

Pour Patrick se faire vacciner c’est prendre ses responsabilités vis-à-vis de sa famille, mais aussi vis-à-vis des patients qu’il transporte au quotidien. 

« Le risque zéro n’existe pas, mais plus les gens seront vaccinés, mieux la pandémie sera enrayée. La deuxième vague a été terrible.  J’ai vu certains de mes collègues et amis dans un état critique, aux portes des soins intensifs. La deuxième vague a été terrible, nous étions tous épuisés suite à la première, le virus a donc frappé plus fort.  Ensuite, ça a été de mal en pis.  Nous étions moins nombreux du fait des malades, il a fallu combler les trous et faire des gardes supplémentaires, notre système immunitaire s’est affaibli avec la fatigue. Bref, nous devenions des proies faciles pour le virus.»

Malgré cela, malgré ce qu’il a vu et enduré, notre ambulancier n’a pas toujours été favorable à la vaccination, c’est un membre de son entourage, docteur en biochimie qui l’a convaincu.*

Infirmière et contre le vaccin 

Valérie est infirmière. Elle n’est pas à proprement parler anti-vaccin mais cette fois, elle a ses arguments. Manque d’efficacité prouvée, manque d’information sur les effets secondaires, nature du virus, autant d’éléments qui la font encore douter. 

« La Covid-19 est un virus, et comme tous les virus, il est capable de muter, on le voit avec les virus anglais et sud-africain. Le vaccin ne sera donc peut-être pas efficace à 100%.  Il faudra également probablement le refaire chaque année, comme le vaccin de la Grippe**. Je pense que l’on n’a pas suffisamment de recul.  Et puis, si c’est comme la grippe, nous connaissons tous des gens qui, même vaccinés, ont eu la maladie. Le vaccin ne protège pas complètement, il diminue simplement les risques. »

Valérie  est également sujette aux allergies, une raison de plus de ne pas se faire vacciner.  

Mais elle est aussi réaliste, elle sait qu’un jour ou l’autre, elle n’aura plus le choix, elle devra se soumettre, notamment si elle veut revenir à une vie un peu normale.

« Autour de moi, à l’hôpital, les avis sont encore mitigés.  C’est vraiment le manque de recul qui est mis en cause. On ne sait pas encore s’il faudra se faire vacciner tous les ans ou tous les 6 mois. Il y a encore plein de questions sans réponse. »

En tant que professionnelle de la santé, elle ne s’estime pas obligée de montrer l’exemple à la population, elle n’a d’ailleurs jamais fait le vaccin contre la grippe. 

« Je suis anti médicament, sauf quand c’est nécessaire »

Ghislaine est aide soignante, elle a longtemps hésité à se faire vacciner.  Il faut dire qu’elle n’est pas facilement malade.  Elle est aussi contre l’utilisation abusive des médicaments.  C’est son médecin qui est parvenu à la convaincre. 

« Mon médecin et un membre de ma famille qui est dans le secteur de la recherche, m’ont rassurée en m’expliquant bien les choses. Si ça ne tenait qu’à moi, je ne le ferais pas, mais pour la Covid, c’est différent.  Ce qui m’inquiète c’est la multitude d’avis que l’on peut trouver ça et là.  Dans la presse, il y a tout et n’importe quoi, les avis des uns contredisent ceux des autres.  Il est difficile de faire la part des choses entre info et intox. »

Contrairement à Valérie, et en tant que membre du personnel soignant, elle estime devoir se « sacrifier » pour la cause.

Son mari et ses enfants, quant à eux, attendront que l’on ait un peu plus de recul avant de se faire vacciner. 

« On aurait presque envie de connaître la composition complète du vaccin, tellement on entend tout et n’importe quoi ! »***

Ghislaine est par ailleurs persuadée qu’avec une excellente hygiène de vie, il est possible de combattre le virus.  C’est d’ailleurs comme ça qu’elle est convaincue d’y avoir échappé jusque-là. 

Tout le personnel des hôpitaux est concerné

« Je ne vais pas faire ce vaccin.  Il est un peu tôt, il doit faire sa maladie pour que l’on puisse être sûrs de ce que l’on nous injecte. » 

Marco est technicien de surface à l’hôpital, il est de ceux qui pense que l’on n’a pas suffisamment de recul sur le vaccin que pour prendre le risque de se le faire injecter dans les veines.  De plus, comme il a eu la chance d’échapper au Coronavirus, il ne veut pas prendre le risque de développer la maladie avec le vaccin.****

« Le fait d’être dans le milieu hospitalier n’a pas influencé mon choix, ni dans un sens, ni dans l’autre.  Je n’ai pas subi de pression, j’ai juste été contacté pour savoir si j’allais faire le vaccin ou pas.  Jusqu’à présent en tout cas, je ne me sens pas contraint. »

Marco ne se laissera pas facilement convaincre.  Il a tenté de trouver des réponses auprès des médecins de l’hôpital mais il ne les a pas obtenues, en tout cas, il ne s’en satisfait pas. 

« J’estime que sur mon lieu de travail, je ne cours pas plus de risques qu’ailleurs.  Nous prenons toutes les précautions nécessaires.  A l’heure d’aujourd’hui, je crois qu’il y a plus de risques de faire le vaccin. »

A l’hôpital comme dans la population en général

Tous ces travailleurs des soins de santé, sont aussi des citoyens comme les autres et leurs témoignages reflètent finalement le sentiment de la population, entre hésitations et résignations. 

Tous ces témoins ont été frappés de très près par le coronavirus. Ils ont tous assisté à des choses qu’ils préfèrent oublier aujourd’hui. Et pour certains, la peur de la maladie reste la plus forte. 

* En lui expliquant notamment que Pfizer travaillait sur un vaccin type SRAS depuis 2018. La Covid-19 est un SRAS Cov-2. Pfizer a rapidement identifié le potentiel d'une technologie innovante développée par BioNTech, l'ARN messager. Les deux entreprises ont uni leurs efforts dès le mois de mars 2020 pour développer rapidement un vaccin. 

** Le vaccin de la grippe est toujours fabriqué en fonction de la souche de l’année précédente.
*** Liste des composants du vaccin : Liste des excipients : (4-hydroxybutyl)azanediyl)bis (hexane-6,1-diyl)bis (2-hexyldécanoate) (ALC-0315), 2-[(polyéthylène glycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide (ALC-0159)1, 2-distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC) cholestérol, chlorure de potassium, phosphate monoatomique, chlorure de sodium phosphate disodique dihydraté, saccharose, eau pour préparations injectables.
**** Pour rappel, le vaccin développé par Pfizer et BioNtech ne contient pas le virus mais est basé sur la technique de l’ARN messager.

 

Voir aussi : 

https://www.ghdc.be/annonces/lancement-de-la-vaccination-contre-covid-19

https://www.telesambre.be/le-chu-de-charleroi-designe-hub-de-vaccination-pour-38-maisons-de-repos

https://www.telesambre.be/vaccinations-c-etait-au-tour-de-la-residence-quietude-et-de-celles-du-cpas-de-charleroi

 


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