Cette semaine, on commémore à Charleroi le triste dixième anniversaire de l’annonce de la fermeture de Caterpillar. Un séisme dont notre région a eu beaucoup de mal à se remettre
Plus de 2 000 emplois perdus, des milliers de familles impactées et un coup de massue socio-économique énorme pour une région qui, depuis des dizaines d’années, a déjà bien du mal à redresser la barre après la mort de ses vieilles industries qu’étaient l’acier et le charbon.
Après dix ans d’avatars, où l’on a espéré à plusieurs reprises que le site de Caterpillar renaîtrait de ses cendres grâce à plusieurs initiatives industrielles comme Thunder Power ou Legoland, les annonces fracassantes se sont, à chaque fois, peu après transformées en véritables escroqueries communicationnelles. Des promesses sans lendemain auxquelles les dirigeants wallons de l’époque avaient l’air de croire eux-mêmes. Pendant dix ans, Charleroi et sa volonté de reconversion n’ont pas eu l’air malin. Et, pour tout dire, tout le monde commençait sérieusement à désespérer de voir un jour ce fantastique outil économique qu’est le site Caterpillar relancer une dynamique porteuse d’emplois.
Pourtant, il faut aujourd’hui avoir l’honnêteté de reconnaître que le changement intelligent de stratégie de la part de la Wallonie pour la reconversion est en train de s’avérer payant. Au lieu de confier tout le site en bloc à un seul opérateur, les autorités wallonnes et locales ont décidé de fractionner le site en trois : une partie consacrée à la logistique, une autre au secteur de la construction et une troisième aux loisirs. On parle notamment d’un parc d’attractions consacré à Spiro.
Aujourd’hui, enfin, les deux premiers tiers sont en bonne voie de reconversion. Deux groupes flamands devraient exploiter le site et, ainsi, recréer de l’activité et des emplois.
Jamais, depuis dix ans, une évolution aussi concrète n’a été constatée. Et c’est grâce, répétons-le, à un changement de logiciel wallon qui a fini par comprendre qu’il fallait d’abord se baser sur du solide et sur une réflexion intelligente avant de parler et de promettre des paillettes à tout-va.
Si cette expérience pouvait au moins servir dans de nombreux autres domaines et inspirer globalement les décideurs, tout ne serait peut-être pas perdu en Wallonie.
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