Cette semaine on a appris la disparition subite de Jacques Van Gompel. L’ancien bourgmestre de Charleroi entre 1995 et 2006 s’en est allé dans son sommeil, entraînant à la suite de son départ inopiné une vague immense de témoignages quasi unanimes.
Charleroi perd une figure politique majeure de son histoire mais surtout un homme apprécié de tous les citoyens, dans tous les milieux et dans tous les partis.
Une unanimité suffisamment rare pour être notée. Oh bien sûr, vous me direz que tous les hommes ou toutes les femmes sont toujours de braves gens une fois disparus. Il n’empêche: essayez donc de trouver aujourd’hui un politique dont tout le monde s’accorde à dire, au-delà des clivages, qu’il s’agissait de quelqu’un de bien.
Mais alors pourquoi Jacques Van Gompel était-il apprécié autant? Pourquoi sa popularité à Charleroi n’a-t-elle jamais faibli, 20 ans après la fin de son mandat précipitée par des affaires qui l’ont par ailleurs meurtri à vie avant une réhabilitation tardive en 2021?
D’abord parce que le Grand Jacques comme on le surnommait, faisait de la politique à l’ancienne, dans le bon sens du terme. Van Gompel était proche des gens. Il était populaire sans être populiste. Côtoyait l’avocat et l’ouvrier à qui il prêtait la même oreille attentive et toujours bienveillante.
Et puis il faisait de la politique par conviction, très peu par ambition. Jamais il n’a revendiqué ou eu l’envie d’un quelconque poste plus prestigieux que celui de bourgmestre de la ville de Charleroi, de SA ville de Charleroi qu’il aimait par dessus tout comme il aimait ses gens.
C’était aussi quelqu’un de fidèle, notamment en amitié. Quand il vous la donnait c’était pour toujours, d’où que vous veniez, quels que soient vos opinions politiques ou vos choix de vie. Jacques Van Gompel était l’incarnation de la gentillesse dans le sens noble du terme doublée d’une naïveté parfois étonnante pour un homme politique qui l'a d’ailleurs mené à sa perte.
C’est pour toutes ses raisons que JVG manquera dans une époque où la politique est devenue une guerre permanente, où le consensus n’a plus sa place, où l’ambition n’est plus de trouver des solutions mais de détruire l’adversaire, où si l’on est pas avec, on est contre et on devient l’ennemi à abattre. Une époque ou l'humain a disparu du monde politique.
Jacques Van Gompel n’était pas un politicien. Encore moins un politicard. il était en revanche un gentilhomme politique. Le dernier sans doute. Et surtout et avant tout une belle personne, tout simplement.
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