Cette semaine, le conseil d’administration de l’intercommunale hospitalière Humani a validé un plan de 30 millions d’euros d’économies, dont la première phase comprendra un serrage de vis financier de 16,5 millions d’euros.
Au programme : une vingtaine de mesures allant de la vente de bâtiments au parking payant à l’hôpital Marie Curie, en passant par la réorganisation de l’activité chirurgicale, de la thérapie de jour ou encore du service ambulancier. Des termes très vagues derrière lesquels on ne sait pas encore forcément ce qui se cache.
Ces mesures d’économie vont-elles impacter les patients ?
C’est là toute la question. Mais il est clair que la réorganisation et l’adaptation de certains départements risquent, à terme, de voir les services aux patients se réduire ou parfois même disparaître, même si les responsables de l’intercommunale hospitalière s’en défendront. Mais soyons de bon compte : il sera totalement impossible d’économiser 30 millions d’euros sans répercussions sur la qualité des services ou des soins. Ce qui n’est évidemment pas une bonne nouvelle, surtout lorsqu’on parle d’un hôpital public censé offrir au plus grand nombre des soins optimaux pour toutes et tous.
Le problème est-il spécifique à Humani ?
Bien sûr que non. La plupart des hôpitaux du pays connaissent des difficultés financières liées, par ailleurs, à une pénurie de personnel. Raison pour laquelle le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, veut lancer une vaste réforme qui pourrait voir, dans la décennie à venir, pas moins de 39 hôpitaux disparaître, dont 18 en Wallonie. Officiellement, pas pour faire des économies — même si l’État épargnera ainsi plus de 800 millions d’euros — mais pour améliorer l’efficacité du système.
Qu’est-ce que tout cela dit de notre système de soins de santé ?
Cela montre simplement que les patients sont désormais devenus des clients. Et que, de plus en plus, la rentabilité prend le pas sur la qualité des soins. Preuve en est : les profils des managers hospitaliers actuels ne sont pas toujours issus du monde de la santé, mais souvent ceux de financiers purs et durs à qui l’on demande avant tout de gérer les hôpitaux comme des entreprises et non comme des institutions de santé publique essentielles à la société.
Ajoutez à cela une certaine fonctionnarisation de la médecine, de moins en moins proche des patients, et l’on comprendra que les soins hospitaliers risquent fort, dans les années qui viennent, de connaître une baisse de qualité. Des patients moins bien soignés, ce qui aura, à terme, un coût plus important pour la collectivité.
Bref, faire des économies dans le domaine de la santé, c’est à coup sûr obtenir, à moyen terme, l’inverse du but recherché. Un paradoxe qui ne semble hélas pas trop émouvoir les décideurs
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