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Gender News : pourquoi ne pas renommer une rue en hommage à la femme tuée à Marcinelle ?

Gender News : pourquoi ne pas renommer une rue en hommage à la prostituée tuée à Marcinelle ?

Après le Gender News sur le petit écran, Gender News débarque sur la Toile. Chaque semaine, l’équipe de Gender Baby revient sur une actualité marquante concernant des problématiques liés au genre et/ou à la sexualité comme la défense des droits LGBTQIA+ ou encore le féminisme.

Le 30 août dernier, une femme est tuée à coup de marteau et à l’arme blanche à l’Avenue Mascaux à Marcinelle. D’origine sud-américaine, elle se livrait à la prostitution avec une collègue, blessée au moment des faits. Un odieux féminicide qui met en lumière la violence dont sont victimes les travailleurs et travailleuses du sexe (TDS). 

Un rassemblement s’est tenu le 14 septembre sur a Place Verte de Charleroi afin de dénoncer ce féminicide. Parce que le meurtre d’une prostituée, c’est avant tout le meurtre d’une femme.

"Durant la période Covid, nous avons eu une montée énorme du nombre de cas de violence et de racket des TDS et en particulier des TDS racisés. Ici, on se retrouve avec un meurtre et une tentative de meurtre. On se dit ‘Ça suffit!’ Un féminicide est un féminicide. Aucun métier ne sous-entend qu’il y a une possibilité de pouvoir se défouler sur quelqu’un et que c’est acceptable" explique Maria, chargée de projets pour UTSOPI. 

La secrétaire d’état à l’égalité des chances et des genres, Sarah Schiltz qui était présente lors du rassemblement, assure qu’une des préoccupations du gouvernement est de mieux démanteler les réseaux de traites d’humains et aussi permettre aux TDS d’avoir un meilleur accès à leurs droits notamment pour aller porter plainte.

A Bruxelles, une rue va porter le nom d’Eunice Osayande tuée en 2018

C’était dans la nuit du 4 au 5 juin 2018. Eunice Osayande, une jeune prostituée de 23 ans, est poignardée à mort à Schaerbeek. Son meurtrier qui avait 17 ans au moment des faits devrait être jugé prochainement puisque le procès initialement prévu la semaine prochaine a été ajourné faute de jurés.

La mort de cette jeune femme suscite l’émoi et surtout la colère. Les travailleuses du sexe organisent alors une manifestation pour faire part de leur tristesse et leur ras-le-bol. Elles réclament plus de sécurité et plus de policiers dans le quartier Nord de Bruxelles. 

Aujourd’hui, Eunice Osayande ne sera pas oubliée. Puisqu’une rue portera son nom. Un geste fort puisque la jeune femme était exploitée par un réseau.  Habituellement, les violences et meurtres commis sur des prostituées sont peu médiatisés. Ce sont en quelque sorte les oubliées de la société.

Le projet de rue Eunice Osayande passera au conseil communal à Bruxelles lundi prochain et l’inauguration est prévue dans les semaines à venir. 

Une zone de tolérance à Charleroi

A l’instar de Bruxelles, Charleroi va-t-elle mettre à l’honneur cette prostituée tuée sauvagement le 30 août dernier en donnant son nom à une rue de la ville ? Une façon de rendre hommage mais aussi d’affirmer publiquement son soutien aux travailleurs et travailleuses du sexe.

Mais avant cela, Charleroi a déjà un projet en la matière avec la création d’une zone de tolérance pour la prostitution. C’est en janvier dernier lors du conseil communal que de dossier est évoqué. Une lueur d’espoir pour les travailleuses et pour les associations de terrain. 

Il faut dire que la crise sanitaire a aggravé les problèmes des TDS. Des phénomènes de déplacement, de clandestination et une plus grande précarisation ont été remarqués. 

Objectif de la zone de tolérance : éviter la création d’un ghetto tout en réservant à la prostitution une zone de passage. Un périmètre qui est synonyme de plus de sécurité pour les TDS. Aujourd’hui, cette zone est toujours en projet même si c’est un premier pas en la matière. Les associations et la ville de Charleroi continuent de travailler sur le dossier. 

Sachez que la première émission de la saison de Gender Baby reviendra jeudi soir après le JT sur la prostitution en compagnie de Maxime Maes, directeur d’Utsopi.


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