Des projets de redéploiement économique qui avancent et se concrétisent plus vite, c'est l'objectif de la Région Wallonne. Le Code du développement territorial a donc été modifié.
Les sites Carsid (Charleroi), Caterpillar (Gosselies), Chertal (Oupeye et Herstal), la Cokerie d'Ougrée et le Haut Fourneau B (Seraing), BASF/Raffinerie Chevron (Feluy-Seneffe), Duferco (La Louvière) et le Terminal Container d'Athus (Aubange) sont concernés par cette réforme que le gouvernement wallon vient d'adopter en deuxième lecture.
L'objectif est de doter ces projets d'une dimension plus régionale afin d'accélérer leur développement via un permis de compétence gouvernementale. Ce qui permettra à terme, de penser le redéploiement économique de la Wallonie de manière plus global avec des projets "essentiels pour l'avenir économique, scientifique et industriel de la Wallonie" qui avancent plus vite, tout en restant dans le cadre d'une "procédure solide, transparente et juridiquement sécurisée".
Une stratégie que le gouvernement wallon veut aussi mettre à profit dans le cadre d'un projet européen de Télescope Einstein. Un détecteur d'ondes gravitationnelles de troisième génération dont la localisation en Europe sera décidée en 2027. Actuellement deux sites sont en concurrence : l’Euregio Meuse-Rhin (entre la Wallonie, les Pays Bas et l’Allemagne) et la Sardaigne.
Notre région se porte candidate pour accueillir ce projet ambitieux. "Il constitue un levier important pour l'attractivité scientifique et technologique de la Wallonie", souligne le gouvernement régional. Les retombées de ce projets pourraient en effet être nombreuses sur le plan de l'innovation scientifique bien sûr mais aussi en termes d'emplois à haute valeur ajoutée et pour la renommée de notre région.
La Wallonie veut ainsi agir anticipativement afin de pouvoir proposer des sites potentiellement éligibles par l'Europe pour ce type de projet.
Dans ce cadre Carsid ou Caterpillar, en tant que friche et ancien site industriels, implantés sur au moins 10 hectares, représentent un potentiel de redéploiement économique important et de dimension régionale. Ces sites et d'autres disposent de réels atouts comme le rappelle le ministre Desquesnes. Ces sites idéalement situés sont bien souvent prêts à accueillir des projets d'envergure. "Leur valorisation permettra de recycler le foncier existant, de limiter l'artificialisation des sols et de soutenir une réindustrialisation sobre, durable et utile aux citoyens", espère-t-il.
Trop d'occasions manquées
"Quand une entreprise veut investir, elle doit pouvoir savoir où elle va, dans quels délais et selon quelles règles. C'est cette prévisibilité et cette coordination que nous voulons renforcer pour soutenir durablement le redéploiement économique et industriel de la Wallonie." a souligné Adrien Dolimont, le miniistre président MR, lors de l'annonce.
Il a ajouté qu'il n'était plus possible pour notre région d'attendre parfois cinq à 10 ans pour qu'un projet de reconversion se réalise. Notre région a déjà perdu trop de temps avec des effets d'annonce par le passé qui ne se sont pas concrétisés.
Et même s'il s'agit de sites pollués, la réponse de la région se veut définitivement proactive. "Nous savons ce que nous voulons faire et où nous voulons aller. Les terrains en question sont très bien situés, avec, en outre, une connectivité électrique élevée, ce qui compte aujourd'hui. Ils ont donc déjà des atouts, qu'il faut valoriser. L'idée est véritablement de permettre aux acteurs privés d'agir en amont et de gagner du temps."
Cette volonté émane du Forum Industriel Wallon, qui réunit le gouvernement wallon, la fédération patronale wallonne AKT et les principales fédérations industrielles. Pour le ministre François Desquesnes, cette rencontre aura permis aux partenaire d'identifier les freins et de fixer les priorités afin d'engager des réformes claires. "Notre objectif est une évidence: permettre aux entreprises de développer leurs projets plus rapidement, dans un cadre plus lisible et plus efficace. En remobilisant 1.500 hectares de terrains économiques, en améliorant la coordination entre les acteurs publics et en accélérant les procédures, nous créons les conditions d'une réindustrialisation durable au bénéfice de l'emploi, de l'investissement et de la prospérité de la Wallonie", conclut-il.
Le nouveau Code du développement territorial entrera en vigueur le 1er octobre prochain
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