"En abrogeant le décret, le Gouvernement de la FWB a décidé de faire des économies de bout de chandelle sur le dos du développement des enfants défavorisés" confie le bourgmestre Hugues Bayet.
Pour lui, il s'agit clairement d'un recul significatif dans la lutte contre les inégalités infantiles. Et il a décidé de réagir.
En effet, depuis 2020, la commune de Farciennes avait décidé de participer à l'appel à projet visant la gratuité des repas scolaires mis en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles via le Ministre Frédéric Daerden. Ce programme permettait à chaque enfant, en maternelle comme en primaire, d’accéder à un repas chaud, sain et gratuit chaque midi. En 2025, près de 30.000 repas ont ainsi été servis.
Et dans une commune comme Farciennes, où certaines réalités sociales restent préoccupantes, ce programme constituait un levier essentiel pour garantir à chaque enfant un accès à une alimentation équilibrée, indispensable à son développement.
La compensation prévue dans le cadre des moyens liés à la discrimination positive, ainsi que la réduction du budget de la gratuité — passant de 70 à 25 euros par enfant — ne permettent pas de maintenir un service équivalent. Qui plus est au vu de l'ensemble des charges supplémentaires transférées par le Fédéral et la Région sur les pouvoirs locaux.
"On entend le discours théorique claironnant que l'Etat ne doit pas se substituer à la responsabilité parentale. Mais la réalité sur le terrain, c'est que des enfants ont le ventre vide à l'école. Et à tous ces enfants, le Gouvernement leur dit : votre sort ne nous concerne pas. Derrière les petites économies d'aujourd'hui, ce seront peut-être des dépenses supplémentaires demain pour la sécurité sociale." indique-t-il via communiqué de presse.
Face à cette situation, la commune de Farciennes a décidé d’agir pour sauver ce qui peut l'être.
Dès la rentrée scolaire prochaine, une formule alimentaire composée d’une tartine, d’une soupe et d’un fruit sera proposée à tous les élèves de l’enseignement communal maternel et primaire. Par ailleurs, un repas complet payant restera accessible pour les parents qui le souhaitent.
« Nous refusons de laisser des enfants sans solution. L’accès à une alimentation de qualité ne peut pas dépendre uniquement des moyens financiers des familles. La décision du Gouvernement est incompréhensible et constitue un véritable recul social. À Farciennes, nous prenons nos responsabilités pour protéger nos enfants, même si cela implique des choix difficiles », déclare Ophélie Duchenne, échevine de l’Enseignement.
Cette décision communale ne sera toutefois pas sans conséquence. Le maintien de ce soutien alimentaire se fera au détriment d’autres initiatives, notamment en matière d’activités culturelles et éducatives qui étaient financées par la discrimination positive.
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