Depuis 2018, l’Institut National des Radioéléments (IRE) travaille de concert avec la société néerlandaise ASML afin de développer une nouvelle technologie de production d’un radio-isotope crucial en médecine nucléaire, sans uranium. Un test vient de révéler que cela est possible !
L’un des produits phares de l’IRE, appelé le Molybdène-99 (ou Mo-99) est fondamental pour l’imagerie médicale en médecine nucléaire.
L’IRE extrayait jusqu'ici ce radioisotope de l'uranium-235 par fission nucléaire avant de l’expédier vers les firmes pharmaceutiques pour fabriquer les générateurs un autre radio-isotope utilisé dans 80% des diagnostics en médecine nucléaire.
C’est en gros, le produit que l’on vous injecte dans les veines pour faire une scintigraphie des os, du cœur, des poumons, du rein, du foie, de la thyroïde, du cerveau ou encore du système gastro-intestinal par exemple.
Une médecine nucléaire moins dépendante de l’uranium
La méthode de production actuelle du Molybdène-99, doit cependant faire face à une difficulté majeure : Le nucléaire n’a plus la quote !
Vieillissement des réacteurs, gestion des résidus irradiés, contexte géopolitique, transport et manipulation de matières depuis l’étranger : les défis liés à l’uranium sont nombreux et grandissants.
D’où la création de SMART (pour « Source of MedicAl RadioisoTopes ») : un projet innovant mené de concert avec la société néerlandaise ASML qui a pour objectif de développer une nouvelle technologie de production du Molybdène-99, basée non plus sur l’Uranium-235 mais sur le Molybdène-100, non radioactif.
Ce projet doit permettre d’utiliser la nouvelle technologie LightHouse via un nouveau type d’accélérateur d’électrons.
La production commence par l’irradiation de cibles de Mo-100, sans aucune opération de fission nucléaire. Et en vous passant les détails, il en résulte que les électrons de haute énergie sont arrêtés dans une cible et produisent des rayons qui transforment le Mo-100 en Mo-99.
Lancé en 2018, ce projet ambitieux nécessite bien entendu une longue phase de développement et d'ingénierie, avant qu'une première installation de production, avec un accélérateur unique en son genre, puisse être mise en place sur le site de l'IRE, à Fleurus.
L’IRE et ASML sont aujourd’hui fiers d’annoncer une avancée importante dans ce processus. Dans le cadre du test de vérification du concept, une expérimentation avec un "Mini LightHouse" a été clôturé avec succès en ce mois de février.
Grâce à cette expérience réussie, l’IRE et ASML ont ainsi pu confirmer différents modèles mathématiques.
Erich Kollegger, Directeur Général de l’IRE, se félicite de cette réussite : « Ces résultats nous donnent la confiance, l'énergie et l'enthousiasme nécessaires pour poursuivre notre voyage afin de garantir que nous pourrons produire et mettre sur le marché d'ici 2028 l'isotope qui aide tant de patients, et ce de manière durable. »
Mise sur le marché en 2028
Avant une possible mise sur le marché d’ici 2028, d’autres étapes importantes restent cependant à franchir. Le conseil d’administration de l’IRE devra notamment donner son feu vert définitif pour la construction d’une installation.
Il faudra aussi poursuivre les tests, introduire un permis de construction et d’environnement et préparer des demandes d’autorisation auprès de l’AFCN.
Au total, le projet SMART pourrait représenter un investissement de plus de 300 millions d’euros. Pour la phase de Recherche & Développement de la technologie, l’Etat Fédéral a accordé en 2018 une subvention de 52 millions, complétée l’année dernière par 20 millions d’euros attribués dans le cadre du plan de relance économique européen. L’investissement pour la construction de la ligne de production sera réalisé sur les fonds propres de l’IRE.
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