Depuis le Covid, la santé mentale de la population s'est fragilisée. Les jeunes le démontrent. En Belgique, les 15-25 ans sont particulièrement touchés. Comment expliquer cette situation ?
La santé mentale des jeunes belges n’est pas au beau fixe. Environ 1 jeune sur 5 souffre mentalement. 10% d’entre eux tenteront de mettre fin à leurs jours ou de se faire du mal. Les professionnels sont débordés.
"On est submergés de demandes. Les listes d'attente pour les consultations et les hospitalisations sont importantes", constate Rudy Guillaume, pédopsychiatre à l'hôpital Vincent Van Gogh.
Comment en est-on arrivé là ? Le covid a indubitablement laissé des traces. Il n’est pas le seul facteur impliqué.
"Il s’agit de l'éco-anxiété. C'est quand on s'inquiète de l'environnement. Pour d'autres, il y a la préoccupation de trouver un métier ou une utilité dans notre société. Il existe aussi un décalage avec ce que les jeunes voient sur les réseaux sociaux et la réalité", avance-t-il.
Les psychiatres et psychologues ne sont pas les seuls à être débordés. La situation déstabilise aussi les parents.
"Beaucoup de parents disent qu'ils ne savent plus comment agir et soutenir le jeune. Leur jeune multiplie les passages à l'acte et ils ne sont plus en capacité de le comprendre", regrette le pédopsychiatre.
Pour sortir de cette mauvaise passe, les antidépresseurs existent. Selon Rudy Guillaume, le chemin vers la guérison est une démarche bien plus vaste.
"Un traitement antidépresseur doit s'inscrire dans une relation thérapeutique et de confiance entre le jeune et sa famille. Parfois, les traitements sont mal pris", signale-t-il.
Pour lutter face au phénomène, de nombreux services existent. Mais, avant de les consulter, l’aide des proches est la première étape avant d’aller plus loin dans la procédure.
"Une famille doit d'abord penser à un dialogue et à une compréhension. Il faut se dire que mon enfant, qui ne va pas bien, est une priorité", conseille le médecin spécialisé en troubles mentaux.
Pour rappel, parler est primordial pour aller mieux. Le centre de prévention du suicide est joignable 24h/24 au 0800 32 123.
Bruno Pantano
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