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Edito: une pression qui fait un bien fou

Edito: une pression qui fait un bien fou

Ce week-end, avec l'ouverture des terrasses, on a un peu retrouvé le goût, si précieux, de la première gorgée de bière. Celle qui vous laisse un goût tellement long en bouche et dont on ne voudrait jamais qu'il s'évaporât.

Ce goût de la liberté partiellement retrouvé aussi. Cette amertume tellement délicieuse qu'elle annihile en quelques secondes celle d'avoir été privés depuis des mois de ces rendez-vous entre amis à une table de bistrot.

Bon sang qu'elle fait du bien cette pression de décompression. Oui, cette pinte avait un effet cathartique. Et personne ne s'y est trompé. Si la population s'est ruée sur les terrasses dès l'ouverture samedi, c'est parce qu'elles symbolisent l'un de nos biens les plus précieux: le partage, l'amitié, la vie.

A Charleroi et dans ses alentours, les terrasses étaient noires de monde. Et tout s'est très bien déroulé. Ailleurs, oui, il y a eu quelques dérapages. Comme à la place Flagey, à Bruxelles. Ce n'était évidemment pas très malin, c'est sûr. L'image de responsabilisation de la population au moment où on commence à déconfiner, en a pris pour son grade. Et a donné du grain à moudre aux ayatollahs sanitaires dont certains virologues flamands qui ont peut-être peur, aussi, avec la décrue épidémique, de ne plus exister médiatiquement. 

Pas très malin, donc. Mais compréhensible. Parce que, justement, en parlant de pression, voilà des mois que ces mêmes virologues radicaux ont fait valider politiquement une ligne dure qui a alimenté les tensions, les frustrations au sein de la population.

A force de ne pas offrir de perspectives, voilà ce qui arrive: la marmite, quand on ouvre un peu le couvercle risque de sauter. Si, par moins d'intransigeance, notamment dans l'horeca et dans la culture, on avait un tant soit peu fait baisser cette pression en relâchant un peu l'étreinte au travers de protocoles, eussent-ils été stricts, jamais les Boum 1 et 2 n'auraient existé. Jamais il n'y aurait eu de Flagey. Jamais la population n'aurait été autant en désamour avec les mesures sanitaires.

Alors, si on ne peut évidemment cautionner ce qui s'est passé à Bruxelles samedi, on peut par contre le comprendre. Et que tous les donneurs de leçons qui tentent aujourd'hui de culpabiliser en lançant qu'il était trop tôt pour ouvrir les terrasses se calment un peu.

Eux qui n'hésitent pas, déjà, à jouer les Cassandres en annonçant une quatrième vague consécutive aux débordements en faisant appel aux images terribles de la situation indienne, devraient  pour le coup faire une seule chose: boire une bonne pression et éviter de se faire mousser.


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