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Faut-il se voiler la face ? Un projet d'expression post-Covid et Carolo (vidéo)

Faut-il se voiler la face ? Cette question vous êtes peut-être nombreux à vous la poser au sortir du confinement.  Pour Séverine Bailleux, cette question est devenue une obsession.  Faut-il continuer à se taire, à se masquer, à obéir ? Elle a donc lancé un appel sur Facebook pour un projet photo et d’expression démarré début mai et qui connait un succès grandissant. 

Séverine est photographe, après avoir baroudé d’une région à l’autre, elle est de retour dans sa ville natale Charleroi.  Elle a travaillé dans la communication et l’évènementiel mais après quelques mois de confinement, elle a ressenti le besoin de revenir à sa première passion la photographie. 

« Pour moi début mai, a été une période un peu difficile. où j’étais là « moi qu’est-ce que je vais devenir ? qu’est-ce qu’on va tous devenir ? » J’étais en pleine période de peur, de doute, presque dans un état de burn out, de dépression.  Et puis il y a cette idée qui a germé de prendre des photo des gens.  Pour moi ancienne syndicaliste, il me fallait quelque chose qui prenne aux tripes et d’engagé dans mon travail photographique.  Et puis je voulais laisser les gens s’exprimer.»

Le travail de Séverine comporte deux volets : le portrait axé sur le regard et le masque et les témoignages, tous anonymes. Actuellement, 70 personnes ont répondu à l’appel de la photographe. Même si elle n’a encore publié que 20 portraits sont sur le site (www.happyslowpeople.be).  

« Il y a la photo et puis les gens peuvent m’envoyer leurs textes, je ne lie jamais un texte à la photo pour que l’anonymat soit complet et que les personnes s’expriment plus facilement.  Je publie pour le moment une fois par semaine sur les réseaux sociaux et sur mon site.  Je vais devoir augmenter la cadence parce que les gens sont de plus en plus nombreux. »

Des messages variés, un travail indispensable 

Ce projet a mis en avant deux choses : D’abord que les gens avaient besoin de parler des émotions qui les ont traversés et les traversent encore aujourd’hui ; ensuite qu’ils ressentent des émotions mais ont parfois du mal à mettre des mots dessus.

« Les gens ont besoin de s’exprimer par l’image avec un portrait carré, certes, mais accès sur le regard où les émotions continuent à passer. Les gens disent leur peur, certains n’osent toujours pas sortir, se déconfiner.  Cela a créé la peur de l’autre, c’est grave.  Et puis il y a de la colère par rapport à la manière dont cette crise a été gérée. D’où le titre du projet et cette question :  Faut-il continuer à avancer sans rien faire ? »

C’est Séverine qui prend les portraits, avec toutes les mesures de sécurité sanitaires préconisées.  Généralement ça va vite, mais ensuite…

« De mon côté ça m’a permis de sortir de ma phase désespérée et d’une autre côté pendant les séances photos de parler avec les gens, retrouver ce plaisir simple. La photo ça va relativement vite mais ensuite on prend parfois le temps de se poser»

Faire sortir le projet dans la rue

Passer des réseaux sociaux à la rue, c’est le projet futur de Séverine, trouver un moyen d’extérioriser tout ce travail et toucher le plus grand nombre. 

« Moi je rêve de faire de l’affichage sauvage (avec l’accord de la ville) pour faire quelque chose de très visuel et très fort. »

En parallèle, elle aimerait proposer des ateliers d’écriture dans différentes secteurs (entreprises, homes, écoles…) pour permettre aux participants d’exploiter au mieux leur ressenti.  Elle a remarqué que tout le monde avaient des choses à dire, mais certains avec plus de difficultés. Les premiers ateliers sont prévus à Liège, cet été, en collaboration avec Eloïse Steyeart du « Mot qui délivre ». 

Aujourd’hui Séverine et toujours en recherche de volontaires pour ses portraits et pour alimenter les textes d’expression libre.  Elle est facilement accessible sur son site internet et sur les réseaux sociaux, Facebook et instagram.  

« Que les gens soient curieux et qu’ils aillent lire les textes et voir les portraits sur mon site www.severinebailleux.be. Il y a de belles choses dans les textes et plus j’en reçois et plus ils sont longs et plus les gens ont des choses à dire.  Au début, j’avais demandé de ne pas faire trop long, mais je ne veux pas limiter les gens dans ce qu’ils ont à dire donc voilà ! »

 


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