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Edito: Folklore: ça ne va pas marcher...

A quoi ressemblera la saison 2020 des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse? A rien de ce que l’on connaît, sans aucun doute. Seules les deux guerres mondiales ont éclipsé ces traditions à la fois religieuses et folkloriques, c’est dire si la situation est grave. Cette année, la Saint-Fiacre à Tarcienne ne sonnera pas le réveil des défilés des centaines de compagnies qui, d’avril à octobre, arpentent nos rues au son des fifres et des tambours.

Les autorités communales sont sur le qui-vive et n’évoquent que du bout des lèvres un report de ces festivités. Mais qui, à l’aube de ce printemps si particulier, oserait s’engager pour la sécurité des milliers de gens que drainent habituellement les marches les plus importantes, de Thuin à Gerpinnes en passant par Ham-sur-Heure ou Jumet? Elles n’auront guère le choix. Les marches du début du calendrier resteront confinées dans le souvenir des années précédentes. Et l’attente de jours meilleurs.

Au delà du plaisir de marcher avec des membres de sa famille, des amis et les camarades que l’on ne voit qu’une fois par an dans le peloton, elle nous manquera cette belle excitation qui anime les villages à quelques jours de sa procession. Elle nous manquera la liesse populaire qui entoure les compagnies à l’heure de la Rentrée solennelle. Et tout ce qui tourne autour de ces rendez-vous, ces petits moments uniques et inattendus, ça nous manquera encore. Mais ce n’est rien au regard des multiples conséquences que l’épidémie entraîne dans son sillage. 

Elle manquera surtout aux petits bistrots qui font leur chiffre sur un week-end, celui-là qui leur est indispensable pour finir l’année. Elle manquera aux louageurs qui, s’ils sont en situation de quasi-monopole, ne peuvent compter sur des rentrées financières que durant 6 mois. Et avec eux, il y a encore les forains, les marchands de frites, les pâtissiers et j’en passe…

Non, personne ne sortira indemne de cette crise. Des entreprises, des indépendants seront à l’agonie. Chômage plus si temporaire que ça, licenciements, faillites, autant de drames sociaux qui viendront s’ajouter à la liste des victimes de cette saloperie de virus.

Quand l’heure du déconfinement aura sonné, quand on pourra à nouveau se rencontrer, festoyer, se réunir, comment en sortirons-nous? Oserons-nous, justement, à nouveau nous mêler par centaines, par milliers, sans que des nouveaux réflexes suspicieux à la moindre toux, au moindre éternuement, nous ramène dans un isolement social avec lequel on apprend à vivre au quotidien aujourd’hui? Que dire alors de la petite goutte de la cantinière dont les clients se partagent le même verre tout au long du week-end? 

Ironie de l’histoire, les pèlerinages en l’honneur de Saint-Roch étaient au début effectués pour prémunir la cité de la peste. Et les Gerpinnois vouent depuis des siècles aussi une adoration pour Sainte-Rolende qui, selon la légende, les préservent de la maladie ou les aide à guérir.

Bonne santé à toutes et à tous!


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