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Restructuration chez AGC Automotive, les travailleurs sont en grève pour 24H

Nouveau coup dur pour les travailleurs de l'entreprise AGC Automotive à Fleurus. Un conseil d'entreprise extraordinaire avait lieu ce matin. La direction souhaite se séparer de 52 personnes, soit un quart du personnel. AGC Automotive n'est pas une entreprise comme les autres, elle restera le symbole d'un combat emblématique. En 2004, les travailleurs y avaient fait grève durant trois longs mois. 

Chez AGC Automotive à Fleurus, ils ne sont plus que 195 travailleurs tout services confondus. Depuis plusieurs années, cette entreprise s'étiole au fil des restructurations. Ce matin, une nouvelle annonce de la direction fait mal, 52 emplois sont menacés. 

Kevin Peeters, le secrétaire régional de la Centrale Générale de la Fgtb assistait à cette réunion, il n'ose imaginer comme cette nouvelle va être accueillie par les travailleurs. 

"Nous avons toujours en tête cette restructuration de 2004 qui a fait des dégâts et provoqué 3 mois de grève. Vous dire le ressenti des travailleurs c’est difficile, les assemblées générales sont en cours, mais il est certain que les travailleurs vont réagir." 

Pour Marc Moreau, le secrétaire régional CSC-BIE, qui a vécu les grèves de 2004, les mots ne sont pas assez forts pour décrire une histoire qui a trop tendance à se répéter. 

"C’est la nouvelle douche froide après d’ailleurs des restructuration dans d’autres sites, Louvain-la-Neuve, Gosselies et Seneffe. La raison invoquée est la baisse des ventes de voitures en Europe parce que les clients ne savent plus quoi acheter comme voiture en raison des défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés."

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En 2004, 284 emplois étaient menacés sur un total de 844 travailleurs. Après des négociations musclées et une grève de 100 jours, syndicats et direction finalisaient le 15 mars un accord prévoyant le départ de 246 travailleurs - prépensions à partir de 50 ans - départs naturels et non-renouvellement de contrats à durée déterminée. Le nombre de licenciement, lui, était limité à 75. Douze mois plus tard, 220 personnes avaient finalement quitté l'entreprise - images Belga. 


Moins de voitures, plus de concurrents

La baisse des ventes de voitures neuves n'est pas la seule raison invoquée par la direction pour justifier cette nouvelle restructuration. 

Le marché se porte mal depuis 2019 déjà et la crise sanitaire n'a rien arrangé. Les prévisions de reprise ne sont pas bonnes non plus, les experts ne voient rien venir avant 2025-2026. 

Pour Kevin Peeters de la Ftgb, la concurrence chinoise fait bien plus de dégâts à l'Europe que la baisse des ventes de voitures. 

"Nous avons aussi maintenant un concurrent qui n’existait pas il y a une vingtaine d’années, l’entreprise chinoise FUYAO, il s’agit d’un concurrent très agressif et parfaitement déloyal. Nous avons, par exemple, appris que Renault pour sa voiture zéro émission censée être produite totalement en Europe, se fournira finalement en Chine chez ce fabricant de pare-brise. Pour nous, c’est difficile à avaler, pour les travailleurs qui ont déjà subi 5 restructurations et qui depuis 2010 ont consenti tellement d’efforts." 

Les clients veulent aussi des pare-brise intelligents, nous dit Marc Moreau de la CSC, or les fours pour produire ces nouveaux produits, n’existent pas encore. Il faudra faire de nouveaux investissements. L'entreprise AGC Automotive sera-t-elle prête à consentir ces investissements ? personne n'a la réponse à l'heure qu'il est. 

La procédure Renault est lancée 

Les négociations risquent d'être très compliquées pour les syndicats. En Belgique, en cas de restructuration pour pouvoir prétendre à la prépension il faut avoir atteint l'âge de 60 ans. Dans une entreprise qui a déjà subi tellement de départs au cours des deux décennies passées, inutile de compter, les sexagénères, il n'y en a pas. 

Kevin Peeters, de la Ftgb espère quand même que d'autres solutions seront trouvées. 

"Nous avons établi un calendrier pour cette première phase de négociations qui s’étalera sur septembre et octobre. Nous allons tenter de trouver des alternatives aux licenciements et ensuite on passera dans cette fameuse phase 2 de négociation avec la direction. Nous ne sommes pas pressés, nous ne jouerons pas la montre non plus. La direction souhaite une solution pour fin de l’année. On verra...

Marc Moreau, de la CSC est un peu moins optimiste à long terme

"Est-ce que cette solution sera suffisante, est-ce qu’elle répondra au marché futur de l’automobile, c’est un grand point d’interrogation pour tout le monde et aussi pour la direction d’AGC."

Selon les deux permanents, la direction s'est montrée compréhensive ce matin, mais il n'en demeure pas moins que les ordres venus d'en haut sont ce qu'ils sont et qu'il faudra trouver des solutions qui ne plairont certainement pas à tout le monde. 

"Je pense que la direction est consciente des efforts consentis par le personnel et que nous avons en face de nous des dirigeants qui sont prêts à essayer de trouver le plus de solutions possibles pour à la fois recaser des membres du personnel et de l'autre côté pour atténuer le choc des licenciements.


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