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Industeel Belgium est à vendre : info ou intox ?

Industeel Belgium est à vendre : info ou intox ?

Que se passe-t-il chez Industeel ? Le PTB a appris que le groupe Arcelor Mittal souhaitait se séparer de son siège carolo d'Industeel.  Une situation qui n'est pas nouvelle visiblement mais qui a mis le feu au poudre en interne, au point de faire convoquer un conseil d'entreprise extraordinaire. Du côté de la CSC, on se montre beaucoup plus serein au vu du potentiel de l'entreprise carolo.  Industeel est en effet une entreprise à haute valeur ajoutée spécialisée comme il en existe peu dans le monde. 

Le PTB a appris que le groupe ArcelorMittal avait chargé la Deutsche Bank de chercher un repreneur à sa filiale Industeel Belgium. Cette annonce a particulièrement fait réagir Germain Mugemangango, chef de groupe du PTB au parlement wallon et au conseil communal de Charleroi :

« Industeel est un formidable outil industriel, fabriquant des produits uniques. Il y a là un savoir faire précieux. ArcelorMittal doit assumer ses responsabilités. La Région wallonne doit contraindre la multinationale de protéger et de développer l’outil ainsi que de garantir l’emploi. L’entreprise ne peut jouer avec un tel outil industriel sur base d’une logique financière. Si ArcelorMittal en venait à ne pas prendre ses responsabilités, la Région wallonne doit menacer le groupe d’une expropriation de sa filiale Industeel pour utilité publique et écologique ».

Industeel est en effet sur le marché depuis plus d'un an, c'est en septembre de cette année à l'occasion d'un conseil d'entreprise européen que le groupe Arcelor Mittal est revenu sur son intention de se séparer de l'entreprise qui a son siège à Charleroi, si et seulement si un repreneur intéressant se présentait. Le groupe a besoin de liquidités et souhaite se séparer de ce qui lui rapportera le plus à savoir une entreprise à la pointe qui propose de l'acier à la demande. Une sorte de pharmacie à la demande. Industeel aujourd'hui ce sont encore plus de 1000 emplois. 

« Ces travailleurs produisent 389 sortes d'acier. C’est une réelle performance. Ils sont capables de changer plusieurs fois par jour les paramètres des machines et de changer ainsi le type d’acier qu’ils produisent. Un savoir-faire unique dans le paysage industriel européen », explique Germain Mugemangango.

Et d’ajouter:

« L’actuelle coulée continue permet, entre autres, la production d’acier à haute valeur ajoutée, notamment nécessaire dans la production d’hélices d’éoliennes mais aussi de fermes solaires. La plus grande ferme solaire du Maroc a ainsi été construite grâce à l’acier de Charleroi. »

Conseil d'entreprise vendredi matin 

C'est la Fgtb qui a demandé la convocation d'une conseil d'entreprise en urgence vendredi matin.  Suite à la sortie du PTB et dans un contexte d'élections sociales très tendu, l'affaire n'a pas manqué de fait réagir et notamment sur les réseaux sociaux.

Du côté de la CSC toutefois, le patron de METEA, Jean-Marie Hoslet se dit confiant : 

"Arcelor Mittal a besoin d'argent pour retrouver des bénéfices, il a besoin de cash.  Il ne va donc pas vendre l'une des entreprises de son core business qui est la fabrication d'acier en série, mais il va choisir de mettre sur le marché ce qui va lui rapporter le plus à savoir le joyau Industeel.  Toutefois, nous ne comprenons pas cet emballement, nous avons l'information depuis plus d'un an."

Du côté de la SOGEPA, la société d'investissement wallonne, aucune inquiétude non plus, les investissements prévus ont été effectués en septembre et cet appel à un repreneur n'a rien d'inquiétant. 

"A partir du moment où une entreprise est en bourse, rappelle Jean-Marie Hoslet, elle est susceptible d'être rachetée. La Sabca vient d'être rachetée et personne ne s'en est préoccupé ! Si un candidat se présentait, il serait bien étonnant qu'il rachète cette entreprise pour mettre la clef sous le paillasson.  Il existe peu d'entreprises de ce type dans le monde.  Il y a une chance sur un million que cette entreprise ferme."

La CSC reste cependant attentive et suivra ce dossier de prêt, elle fera face si quelque chose d'anormal devait se produire.  

Industeel, une entreprise prospère

La filiale belge d'Arcelor Mittal a réalisé un chiffre d’affaires de 500 millions en 2019. Un résultat en constante augmentation depuis 2016. Une bonne santé financière qui selon le PTB rendrait l'entreprise plus vulnérable dans une logique de profit maximum et de spéculation boursière.

« Ce n’est peut-être pas assez pour le géant de l’acier. Mais nous ne pouvons pas laisser une logique de profit maximum guider l’avenir d’Industeel Belgium. Ce serait absurde d’un point de vue industriel, social et écologique. Nous avons besoin d’industries, nous devons protéger l’emploi et nous avons besoin d’une filière écologique en Europe », conclut Germain Mugemangango.

De l'aveu même du délégué principal d'Industeel, cette bonne santé financière est plutôt un bon point pour la tranquillité des travailleurs.  

Nous reviendrons demain sur le conseil d'entreprise qui aura lieu à 11h. 


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