Le 17 août 1996, on découvrait les cadavres de Julie et Mélissa, ces deux petites filles liégeoises disparues depuis un peu plus d’un an, assassinées par Marc Dutroux. Une affaire a eu des répercussions avec des effets encore aujourd’hui.
Plus de moyen pour rechercher les enfants disparus
La première chose qui a changé avec l’affaire Dutroux, c’est une prise de conscience. Les marches blanches se sont multipliées un peu partout. Et les parents étaient plus anxieux, plus inquiets. Et dans la foulée, Child Focus a été créé pour aider les proches en cas de disparition. Et une priorité plus grande est aussi accordée par la police aux disparitions d’enfants.
Une enquête bâclée qui a mené à la réforme des polices
Mais cette affaire est aussi le résultat d’un fiasco au niveau de l’enquête. L’enquête aurait du permettre de retrouver Julie et Mélissa vivantes, s’il n’y avait pas eu ce qu’on a appelé des dysfonctionnements. Marc Dutroux avait déjà été condamné pour des viols et des enlèvements d’enfants. Mais il avait été libéré.
La Gendarmerie était au courant. Mais elle a été accusée d’avoir caché des informations et d’avoir voulu travailler seule pour retirer toute la gloire d’une arrestation. Négligences, mauvaise coordination et guerre entre forces de police et magistrats ont pourri l’enquête et le système judiciaire et policier.
Le tout aboutira à la réforme des polices décidée en 98. Finis la Gendarmerie, la Police communale et la Police Judiciaire. Il n’y aura désormais plus qu’une police à deux niveaux: la Police Locale et la Police fédérale qui devront collaborer. La création des Zones de police a mis un certain temps, entre autres à cause de problèmes de financement.
La maison de Sars-la-Buissière détruite et celle de Marcinelle transformée en mémorial. Pour ne pas oublier
Ce sont aussi les lieux du drame qui ont changé. En 2023, on a enfin démoli la maison de Sars-la-Buissière où ont été retrouvés les corps de Julie et Mélissa. A Marcinelle aussi, il a fallu le temps pour décider quoi faire de la maison de l’horreur. En 2004, on pose une bâche pour la masquer. La volonté est d’en faire un lieu de mémoire. Mais il faudra attendre 2022 pour qu’elle soit démolie à l’exception de la cave et de la cache qui sont préservées à la demande des familles pour qu’on puisse encore y accéder si un jour, il faut rouvrir l’enquête. Et un an plus tard, on inaugurait le Jardin Mémoriel intitulé « Entre Terre et Ciel » qui rend hommage aux victimes.
C’est l’emblème du souvenir. Mais ce qui a surtout changé, ce sont les mentalités. Le tragique destin des petites a sensibilisé toute la Belgique. Les ballons blancs se sont envolés depuis longtemps. Mais la marche ne s’est pas arrêtée.
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