Le 17 août 1996, on découvrait les cadavres de Julie et Mélissa, ces deux petites filles liégeoises disparues depuis un peu plus d’un an. Leur meurtrier est un certain Marc Dutroux. Un nom qui a douloureusement marqué notre histoire et nos mémoires.
Sabine et Laëtitia sont retrouvées vivantes
Tout avait commencé quelques jours plus tôt. Le 15 août 1996, Sabine et Laëtitia sont retrouvées vivantes à Marcinelle, au 128, avenue de Philippeville. La Belgique respire. Elles avaient disparu cinq mois plus tôt. Deux jours avant, Marc Dutroux, sa femme, Michelle Martin et son complice Michel Lelièvre ont été arrêtés. C’est Lelièvre, petit truand drogué, qui a craqué et a avoué avoir avoir participé aux enlèvements, ce qui provoque les premiers aveux de Dutroux. C’est lui qui indique comment trouver la cache dans la maison de Marcinelle. Une cache machiavélique, derrière une étagère, petite, étroite et aménagée dans la cave de la maison. On se demande comment deux jeunes filles ont pu y vivre.
L’horreur: on retrouve les corps sans vie de Julie et Mélissa, et ensuite d’An et Eefje
Très vite, la Belgique bascule dans l’horreur. Le 17 août 96, on retrouve les corps de Julie et Mélissa, disparues depuis un peu moins d’un an, enterrés dans le jardin de la maison que Dutroux possède à Sars-la-Buissière. Mélissa ne pèse plus que 16 kilos et Julie 13. Elles ont été laissées sans soins dans la cache pendant que Dutroux purgeait une peine de prison. Elles sont mortes de faim et de soif et ont subi des sévices sexuels. Elles n’avaient pas neuf ans.
Place désormais à la tristesse. Le 22 août, pour les funérailles de Julie et Mélissa, toutes les cloches des églises de Belgique sonnent le glas. Au fil des mois, elles sont devenues les enfants de tous.
Comble de l’horreur, Dutroux avoue aussi l’enlèvement d’An et Eefje, disparues à la côte. Tandis que les maisons de Marcinelle et de Sars-la Buissière se couvrent de fleurs et d’insultes, les fouilles se multiplient dans la dizaine de propriétés qu’il possède dans notre région.
Finalement, c’est à Jumet, le 3 septembre 96, à côté du chalet d’un de ses complices, Bernard Weinstein, qu’il a assassiné, qu’intervient la macabre découverte. On retrouve des ossements. Ce sont bien ceux d’An et Eefje.
Une longue enquête
Après un an de fouilles intensives, on n’a rien trouvé de plus. Une commission parlementaire se met en place et se rend à Marcinelle en octobre.
En 99, la Cour, accompagnée des trois accusés descend à Marcinelle pour se rendre compte de l’horreur des faits.
Et en 2004, une reconstitution reconduit le prédateur carolo à la maison de l’horreur. Tout le quartier a été bloqué.
Le procès a lieu huit ans plus tard
Le procès se déroule en 2004 à Arlon. Il durera huit mois. Dutroux a été condamné à perpétuité avec 10 ans de mise à disposition du gouvernement, ce qui permet de le garder en prison en cas de libération conditionnelle. Michèle Martin écope de 30 ans. Elle a été libérée 2012 sous conditions. Et Michel Lelièvre à 25 ans. Mais ces drames ont surtout éveillé les consciences. L’immense marche blanche qui a réuni des milliers de personnes a permis à chacun de crier sa colère, son incompréhension et sa douleur.
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