Les vagues de chaleur se multiplient et les villes suffoquent. Pour limiter les îlots de chaleur, Charleroi transforme progressivement ses espaces publics. Une stratégie efficace, mais aujourd'hui freinée par le manque de moyens.
Sous un soleil de plomb, chaque recoin d'ombre offre une véritable bouffée d'oxygène. Durant cette canicule, les rues, les façades et les parkings emmagasinent la chaleur tout au long de la journée avant de la restituer pendant la nuit. Résultat : en ville, les températures sont plus élevées qu'ailleurs. « Les villes regroupent de nombreuses infrastructures et sont, par définition, très minéralisées, rappelle Arthur Hardy, adjoint au bouwmeester de la Ville de Charleroi. Elles concentrent également une forte densité de population, ce qui fait qu'elles sont au cœur des enjeux liés au réchauffement climatique. »
Pour limiter ce phénomène, les solutions sont pourtant bien connues : planter davantage d'arbres, créer des espaces verts ou encore réintroduire l'eau dans l'espace public. Des aménagements qui permettent de rafraîchir naturellement les quartiers, comme c'est le cas ici, à Gilly. « Ici, plus de 370 arbres ont été plantés. Près de 70 % de la surface a été déminéralisée afin de permettre l'infiltration des eaux de pluie dans le sol, alors qu'auparavant tout était recouvert d'asphalte. Nous avons également installé des plantations vivaces pour conserver l'humidité du sol. À cela s'ajoutent différents équipements, comme une fontaine et un auvent. »
Ce réaménagement n'est qu'un exemple parmi d'autres de projets pensés pour apporter davantage de fraîcheur en ville. Des enjeux que Charleroi a intégrés depuis plusieurs années, mais dont certains projets risquent aujourd'hui d'être freinés. « À Charleroi, nous avions prévu une série de projets de végétalisation et de rénovation énergétique des écoles. Mais, dans le contexte budgétaire actuel, nous avons dû en annuler une grande partie. Faute de soutien de la Région wallonne envers les grandes villes, nos moyens s'assèchent littéralement », explique le bourgmestre Thomas Dermine.
Ces réaménagements commencent aujourd'hui à porter leurs fruits, même s'il faudra encore faire preuve d'un peu de patience pour en mesurer tous les bénéfices.
Car si ces transformations prennent du temps, elles pourraient bientôt devenir indispensables. Face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, rendre les villes plus fraîches est désormais un enjeu de santé publique autant que d'aménagement du territoire. Encore faut-il s'en donner les moyens et, surtout, qu'il existe une véritable volonté politique.
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