Le cinéma n'a pas attendu Germinal pour raconter la mine. Une exposition au Bois du Cazier retrace plus d'un siècle de films, entre fiction, mémoire ouvrière et images d'archives tournées dans le bassin de Charleroi.
Le premier film qui nous vient à l'esprit lorsqu'on évoque l'industrie minière au cinéma, c'est Germinal. Pourtant, dès le début du XXe siècle, la mine sert déjà de décor à la fiction et au mélodrame.
« On est vite venu dans le bassin de Charleroi pour les premiers films sur la mine. En 1911, Au Pays des Ténèbres, de Victorin Jasset, est tourné ici. Ce qui est intéressant, c'est qu'on peut y voir les paysages de la région à cette époque, notamment des coins de Sambre entre Charleroi et Châtelet », explique Alain Forti, conservateur du Bois du Cazier.
L'exposition La mine fait son cinéma plonge le visiteur dans l'univers minier à travers le septième art. Affiches, extraits de films et documents d'époque témoignent de la manière dont la mine s'est imposée sur grand écran. Les visuels sont évocateurs: châssis à molettes, terrils et gueules noires composent un imaginaire immédiatement reconnaissable.
Si les histoires racontées sont fictives, elles font souvent écho à la réalité vécue par les mineurs et leurs familles. « C'est toujours le même scénario, poursuit Alain Forti. La catastrophe arrive, on ferme les grilles, les familles affluent. Elles sont dans l'ignorance: elles ne savent pas s'il y a des blessés, des disparus, des morts ou des survivants. Dans les films, on retrouve exactement cette même ambiance. »
Lorsqu'il est question des accidents miniers ou des conditions de travail, un titre s'impose naturellement : Germinal. La version réalisée par Claude Berri, sortie en 1993, constitue la troisième adaptation cinématographique du célèbre roman d'Émile Zola et reste, aujourd'hui encore, la référence du genre.
Mais le cinéma ne s'est pas uniquement intéressé aux drames de la mine. Face à une réputation marquée par les catastrophes, certaines sociétés minières, comme Monceau-Fontaine, ont fait appel à des réalisateurs pour produire des films consacrés à la sécurité. Nous sommes alors aux premiers pas de la prévention et de la protection au travail.
Au fil des décennies, la mine est devenue bien plus qu'un lieu de travail : elle s'est imposée comme un symbole de la culture populaire, inspirant le cinéma, la littérature et l'imaginaire collectif.
L'exposition La mine fait son cinéma est à découvrir au Bois du Cazier jusqu'au 8 novembre prochain.
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