Le jury et la cour d'assises du Hainaut ont condamné, mardi, Marcel Pillod, 70 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat d'Albert Baise, commis en avril 2017.
Les juges ont notamment retenu le dépassement du délai raisonnable pour juger cette affaire, ainsi que l'âge de l'accusé.
Le corps d'Albert Baise, 74 ans, avait été découvert le 17 mai 2017 dans une valise flottant sur le canal Charleroi-Bruxelles, à proximité de l'écluse de Viesville. Les données de son pacemaker avaient permis de fixer l'heure du décès au 26 avril 2017 à 15h57. Le médecin légiste avait relevé des hématomes au visage, plusieurs fractures costales ainsi qu'une accélération brutale du rythme cardiaque avant la mort. L'enquête avait établi que la victime avait été tuée au domicile de Marcel Pillod, à Charleroi, par étouffement.
Son corps avait ensuite été placé dans une valise achetée le matin même, avant d'être jeté dans le canal. Marcel Pillod a toujours contesté être l'auteur des faits et avait mis en cause son fils Steven. Ce dernier a été acquitté en janvier dernier par le jury, notamment des accusations d'assassinat et de recel de cadavre. Le 16 janvier, après avoir été reconnu coupable d'assassinat, de détournement de carte bancaire et de fraude informatique, Marcel Pillod avait pris la fuite vers la France. Il avait été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité. Arrêté le 4 février 2026, il a fait opposition sur la peine et était donc uniquement rejugé sur cet aspect. Une heure avant le verdict, le premier avocat général Gilles Dupuis avait requis une peine comprise entre 15 et 20 ans de réclusion.
Le magistrat avait notamment dénoncé le "mépris total" de l'accusé envers les jurés qui l'avaient condamné en janvier. Selon lui, sa fuite "nous en dit long sur son état d'esprit". Il avait également estimé que l'accusé avait "particulièrement" compromis ses possibilités de réinsertion en refusant le verdict et en accusant son propre fils. Le parquet avait décrit les faits comme "particulièrement sordides" et dressé un portrait peu favorable de Marcel Pillod, présenté comme narcissique, peu empathique, roublard et manipulateur. L'avocat général avait également relevé des antécédents judiciaires liés notamment à la délinquance économique et à la conduite, estimant que la recherche d'argent constituait un fil rouge de son parcours. La défense, assurée par Mes Vander Eyden et Deletang, avait plaidé la modération. Me Vander Eyden avait notamment invoqué l'esprit de l'article 27 du nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er septembre. Elle estimait que Marcel Pillod ne constituait pas un danger pour la société et que sa fuite ne devait pas être considérée comme une circonstance aggravante. "Il part à 350 km de chez lui chez des amis. Il a pris peur", avait-elle expliqué, qualifiant cette fuite de "geste de désespoir".
La défense avait également invoqué le dépassement du délai raisonnable, le parcours de vie de l'accusé, son intelligence limitée mais son adaptation sociale, ainsi que l'absence de violences dans son passé judiciaire. Le jury et la cour ont finalement fixé la peine à 20 ans de réclusion criminelle, en tenant notamment compte du délai de huit ans écoulés depuis les faits et de l'âge de Marcel Pillod.
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