En Hainaut, près d'un propriétaire sur six d'un animal issu d'une race hypertypée a déjà eu recours à des soins vétérinaires. Pour sensibiliser à cette réalité, GAIA ouvre à Charleroi une fausse boutique de luxe baptisée « La Collection de malade ».
GAIA fera étape à Charleroi avec sa tournée d'été pour dénoncer les dérives de l'élevage des races dites « hypertypées ». L'association installera, sur le boulevard Joseph Tirou, une fausse boutique de luxe baptisée « La Collection de malade », où des animaux seront présentés comme des objets de mode afin de sensibiliser le public aux conséquences de la sélection génétique basée sur l'apparence.
Cette opération vise à pointer certaines races concernées, comme le Bouledogue français, le Carlin, le Persan, le Berger allemand ou encore le Scottish Fold. Ils souffrent fréquemment de problèmes respiratoires, oculaires ou locomoteurs directement liés à leurs caractéristiques physiques.
Selon une enquête réalisée à la demande de GAIA, 16 % des propriétaires hainuyers d'un chien ou d'un chat issu d'une race hypertypée indiquent que leur animal a déjà nécessité des soins vétérinaires, un traitement ou une intervention chirurgicale en raison de ces problèmes. Par ailleurs, 28 % des Hainuyers déclarent avoir déjà possédé un animal de ce type, souvent sans savoir qu'il appartenait à une race hypertypée.
L'étude révèle également que le grand public connaît encore mal cette problématique : seuls 44 % des Hainuyers en ont déjà entendu parler. En revanche, une fois informés, ils se montrent largement favorables à un encadrement plus strict de l'élevage. Par exemple, neuf personnes sur dix souhaitent limiter la reproduction lorsque la santé des animaux est en jeu.
À travers son exposition immersive, GAIA entend montrer les souffrances cachées derrière ces races très populaires. Les visiteurs pourront notamment découvrir les principales races concernées, expérimenter les troubles de la vision d'un chat Persan grâce à un casque de réalité virtuelle ou encore ressentir les difficultés respiratoires d'un Bouledogue français au moyen d'un dispositif immersif.
Pour finir, l'association appelle les autorités belges à renforcer la législation afin de faire de la santé des animaux le critère prioritaire en matière d'élevage, à l'image de plusieurs pays européens qui ont déjà pris des mesures contre les dérives des races hypertypées.
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