Le plus adorable possible mais à quel prix ? GAIA dénonce les problèmes de santé cachés derrière les caractéristiques physiques dites tendance. "La Collection de malade" souhaite sensibiliser aux dérives de l'élevage des animaux hypertypés.
La collection éphémère de GAIA sillonne les grandes villes de Belgique. Mardi 28 juillet, l'association s'est arrêtée près de la Place Verte à Charleroi. Son conteneur transformé en fausse boutique de luxe vise à dénoncer l'élevage intensif de races dites "hypertypes". Ces races concernent des animaux reproduits entre eux au détriment de leur santé pour accentuer à l'extrême des traits distinctifs propres à elles. "La Collection de malade" est le nom de cette campagne qui offre au public une expérience immersive pour mieux comprendre ce que provoque un élevage hypertypé. Les visiteurs peuvent essayer un casque virtuel pour observer les troubles de la vue d'un chat persan ou encore enfiler un masque pour reproduire les problèmes respiratoires d'un bouledogue français. "J'ai eu du mal à respirer et je me sentais fortement oppressé", témoigne un visiteur après avoir testé l'expérience. Un autre participant affirme également après avoir testé la vue du chat persan : " Si les chats voient vraiment comme ça, c'est vraiment horrible."
Pour GAIA, ces problèmes ne sont pas le fruit du hasard. L'association dénonce une sélection génétique poussée à l'extrême. Ce serait un souhait de la part de certains éleveurs d'accentuer des critères physiques et répondre à des attentes esthétiques. "Des milliers d'animaux vont souffrir toute leur vie parce qu'ils ont été sélectionnés pour leur apparence, pour des critères esthétiques" , explique Sébastien de Jonge, directeur des opérations de GAIA. Parmi les races régulièrement citées, il y a le chat persan et le bouledogue français évoqués plus haut, mais également des bergers allemands présentant une inclinaison importante du dos pouvant affecter leur mobilité.
GAIA nuance toutefois son discours : tous les éleveurs ne travaillent pas de la même façon. Certains mettent déjà en place des contrôles afin de limiter les risques pour les animaux. Mais pour l'association, ces bonnes pratiques doivent être davantage encadrées afin de devenir une norme dans l'élevage. Au-delà de cette sensibilisation du public, ils souhaitent une réelle évolution du cadre légal. Le directeur des opérations estime que les politiques devraient mettre en place une meilleure réglementation à l'instar de nos voisins allemands et néerlandais.
Contacté sur la question, le cabinet du ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont indique travailler à une réforme du Code wallon du Bien-être animal. Un arrêté serait en préparation afin "de regrouper les règles relatives aux conditions d'agrément des établissements pour animaux, aux conditions d'hébergement et aux stratégies d'élevage. Il intégrera notamment des dispositions sur les hypertypes".
Jeanne Mayence
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