L'ancien ministre MR, Hervé Hasquin, est décédé hier à l’âge de 83 ans. Ex-recteur de l’ULB, il a aussi porté de nombreuses casquettes politiques. Retour sur sa carrière...
Une carrière politique et universitaire
Hervé Hasquin est né le 31 décembre 1942 à Charleroi, Hervé Hasquin est le fils du journaliste et écrivain René-Pierre Hasquin, qui sera notamment directeur commercial du Journal-l'Indépendance, propriété de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) et fondateur du magazine carolorégien Le Métropolitain.
Il s'inscrit à l'université libre de Bruxelles (ULB), à la faculté de philosophie et lettres, section Histoire. Il obtient sa licence en 1964. Après avoir passé son agrégation de l'enseignement secondaire supérieur en 1965, il accomplit entre 1967 et 1968 son service militaire obligatoire.
En 1970, il décroche son doctorat en philosophie et lettres (histoire), devenant alors chargé de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et historien.
« Là où je l’ai le plus côtoyé, c’est quand il est devenu conseiller communal au même moment où je suis devenu bourgmestre pour la première fois, se souvient Jean-Claude Van Cauwenberghe. Après 3 ans, il a démissionné pour se consacrer à des tâches politiques à des nouveaux plus élevés. »
Il est en fait devenu ministre des travaux publics en 1995, avant de devenir ministre-président de la Communauté Française de 1999 à 2004.
Une personnalité forte
Tout ceux qui ont travaillé avec Hervé Hasquin se souviennent de lui comme un homme imposant aux idées bien ancrées. Comme Annemie Schaus, l’actuelle rectrice de l’ULB:
« Hervé Hasquin fut une personnalité d’exception, qui ne laissait personne indifférent, a écrit (…) Son œuvre scientifique est immense, tout comme (…) les chantiers auxquels il s’attacha comme ministre, tant à la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’à la Région de Bruxelles-Capitale. L’Université perd une personnalité hors du commun, un homme entier et profondément loyal.»
« C’était un libéral social, témoigne Etienne Knoops, ancien conseiller communal MR de Charleroi. On peut même dire qu’il était presque un libéral de gauche. C’était un bon orateur et un bon conférencier, c’est pour ça que je l’ai amené sur la liste communale. »
« La première fois que je l’ai rencontré, c’est quand j’étais étudiant à l’ULB, explique Paul Magnette, le Président du PS. Je suivais son cours d’histoire des temps modernes. Son livre sur le Pays de Charleroi date des années 71 et ses autres livres sur Charleroi restent aujourd’hui des références majeures. Ce qui m’a le plus marqué chez lui, c’est la cohérence entre tous ses engagements. Que ce soit comme prof, comme chercheur ou comme homme politique. C’était un libéral à l’ancienne, humaniste, laïc et progressiste. Et il était carolo jusqu’au bout des ongles. D’ailleurs, son accent carolo ne l’a jamais quitté. »
« Humainement, ma femme pensait qu’il était un peu prétentieux, se souvient encore Etienne Knoops. Mais il avait les qualités de cette prétention. »
« C’est quand même lui qui a amené l’ULB à Charleroi, ajoute Jean-Claude Van Cauwenberghe. Et c’était un vrai wallon. Il a d’ailleurs créé le premier cours d’histoire de la Wallonie à l’université. Une vraie audace. C’était un vrai esprit libre qui n’a jamais hésité à dire aux gens ce qu’il pensait. Et il était toujours affable, policé et il n’était jamais dans l’outrance»
Hevé Hasquin est décédé à l’âge de 83 ans. Un registre de condoléances est ouvert à Silly, la commune où il vivait depuis de nombreuses années.
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