« Mastaba », c’est le nom d’une nouvelle exposition à découvrir au Bois du Cazier. Un expo, de l’artiste-peintre carolo Nicolas Binsfeld, qui revisite l’art du portait, en sacralisant les victimes de la catastrophe du 8 août 1956.
Artiste-peintre d’origine luxembourgeoise, Nicolas Binsfeld est arrivé à Marcinelle à l’âge de 11 ans, quelques jours seulement avant la catastrophe du Bois du Cazier. C’est pourquoi, il présente l’exposition intitulée « Mastaba », qui fait référence aux sarcophages de l’Égypte ancienne.
« L’exposition se présente sous la forme de compositions symbolisant des sarcophages, richement décorés, surmontés du portrait, peint de manière très réaliste d’après des photographies d’identité d’époque, de mineurs victimes de la tragédie. L’intention dans ma démarche a été de rendre avant tout un vibrant hommage à tous ces mineurs, nos héros disparus, avec les moyens qui sont les miens, à savoir la peinture.
», explique Nicolas Binsfeld.
Mais ce qui frappe dans cette expo, c’est le regard de ces gueules noires qui fixent et qui questionnent les visiteurs.
« Nous interpellant par leur silence, ces visages nous fixent et j’ai fait en sorte qu’ils nous suivent tous du regard. Ils nous inspirent des sentiments divers tels que l’inquiétude, la peur, la tristesse, le fatalisme ou le reproche. Cette présence intemporelle, qui défie la mort, assure à la personne décédée de garder dans l’au-delà un visage identique à celui qui était le sien dans sa vie terrestre. L’être disparu devient ainsi un absent éternellement présent, dans une zone crépusculaire de transition entre la vie et la mort, où il serait en communion directe avec le monde des vivants », ajoute Nicolas Binsfeld.
Un hommage à tous ces mineurs, qui dépasse même ceux de la catastrophe du Bois du Cazier.
« Le sarcophage central est surmonté d’une figure non identifiable, le mineur inconnu, qui représente tous les mineurs du monde, victimes de leur devoir », précise Nicolas Binsfeld.
Et sous les portraits, Nicolas Binsfeld a décoré ses sarcophages avec de nombreux motifs dorés.
« J’ai décoré mes sarcophages avec des motifs dorés afin de leur donner toute la préciosité requise pour rendre hommage à la personne représentée. Ainsi que pour donner aux sarcophages un aspect d’héroïsation. L’or est aussi un symbole d’éternité, d’immortalité. L’expression « le sang des dieux est d’or », tirée de la mythologie grecque, représente ce qu’il y a de plus sacré », conclut Nicolas Binsfeld.
« Mastaba », une exposition à découvrir au Bois du Cazier jusqu’au 27 décembre prochain.
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