C'est une première en Belgique, grâce à l'université de Brest en France, l’imagerie médicale du Grand Hôpital de Charleroi transforme ses déchets en ressource !
C'est une première chez nous, en milieu hospitalier, on le sait les déchets sont nombreux. Mais les produits de contraste utilisés dans le domaine de l'imagerie médicale sont en plus néfastes pour l'environnement.
Les produits de contraste utilisés en IRM par exemple, sont indispensables pour réaliser avec précision de nombreux examens, notamment en oncologie, où ils permettent de détecter les cancers et les métastases.
Mais saviez-vous que les résidus non-utilisés de ces produits étaient jusqu'à présent jetés ?
Or, le gadolinium qu’ils contiennent, est un métal rare, qui peut alors se retrouver dans l’environnement pour s’y accumuler au fil du temps.
Plusieurs études menées en Europe ont mis en évidence la présence de gadolinium d'origine médicale dans des fleuves comme le Rhin, le Danube, la Seine ou la Meuse. Cette présence est souvent plus marquée à proximité des grandes agglomérations et des centres hospitaliers.
Le gadolinium existe naturellement dans l'environnement, mais les concentrations observées aujourd'hui dans de nombreuses eaux européennes sont souvent largement influencées par l'activité humaine, principalement via les produits de contraste utilisés pour les IRM.
Cette présence anormale est donc devenue un sujet d'intérêt croissant pour les chercheurs en qualité de l'eau et en écotoxicologie. Les chercheurs de l'Université de Brest (UBO) ont été parmi les premiers à démontrer que le gadolinium d'origine médicale pouvait être suivi dans l'environnement marin et à proposer des solutions concrètes pour limiter cette pollution.
Les coquilles Saint-Jacques comme marqueur
Les chercheurs du laboratoire LEMAR ont analysé des coquilles Saint-Jacques prélevées dans la rade de Brest depuis les années 1960. Ils ont montré que les coquilles enregistrent l'augmentation du gadolinium rejeté dans l'environnement à partir des années 1980, c'est-à-dire depuis la généralisation des produits de contraste pour les IRM.
En 2023, elle a lancé la chaire MeGadoRe (Medical Gadolinium Recycling), qui réunit des chercheurs, des radiologues, des chimistes, des industriels produisant les agents de contraste, et des centres d'imagerie médicale, dont l'objectif est d'éviter que le gadolinium n'arrive dans les stations d'épuration.
Le projet vise notamment à récupérer les reliquats de produits de contraste dans les flacons utilisés en IRM ; organiser leur recyclage ;
réintroduire ce métal, qui est une terre rare, dans la filière industrielle plutôt que de l'abandonner dans les déchets.
Une approche originale : le réseau d'« IRM verte »
L'équipe brestoise a également développé le concept d'IRM verte, qui associe aujourd'hui plusieurs centaines d'appareils d'IRM en France.
L'idée est de réduire l'empreinte environnementale des examens grâce à :
- la récupération des résidus de gadolinium,
- le recyclage du métal,
- la sensibilisation des professionnels de santé.
Et c'est dans ce cadre, et en partenariat avec l’Université de Brest, que les résidus de l'imagerie médicale du GHdC sont collectés puis recyclés afin de récupérer le gadolinium et de lui donner une seconde vie. Le GHdC est le premier à s'intégrer au réseau IRM verte de France.
Depuis 2020, plus de 1 200 litres de produits de contraste ont déjà été récupérés par l’Université de Brest, alors qu’environ 15 % des doses étaient auparavant éliminées sans être valorisées.
Pour le service d’imagerie de Grand Hôpital de Charleroi il s'agit aujourd'hui d'offrir des examens de qualité tout en réduisant notre impact environnemental.
Sur le même sujet
Recommandations
Alzheimer Belgique lance des visites muséales adaptées aux personnes malades
Carrefour rappelle des wraps au saumon et à l'avocat pour une erreur d'étiquetage
Charleroi : les traitements par dialyse augmentent, les techniques évoluent
Fleurus soutient HUmani et réclame une réponse structurelle face à sa situation financière
Un cours de boxe sans contact pour les personnes touchées par la Maladie de Parkinson
A6K-E6K: les coulisses du plus grand site aquathermique de Belgique à Charleroi
Éclipse solaire : les lunettes spéciales s’arrachent chez les opticiens carolos
GHdC : Une aide en hôpital de jour pour rompre l'isolement des plus âgés
Une bulle de détente pour enfants autistes à Gosselies
La Wallonie investit 680.000 euros pour lutter contre la pénurie de vétérinaires ruraux
Humani: I’arrêt du caisson hyperbare d’humani suscite des réactions et des appels à l’aide