La vague de chaleur a entrainé une surmortalité de 39% dans notre pays, soit 1222 décès supplémentaires entre le jeudi 18 et le lundi 29 juin. Une situation inédite.
Les entreprises de pompes funèbres sont confrontées à un pic de décès important. Les pompes funèbres Fontaine à Gilly enregistrent, par exemple, 5 à 10 décès par jour contre 3 à 5 habituellement à cette période de l'année. " Cela n'arrête pas, jusque dans la nuit on va rechercher des personnes (décédées) à domicile, dans les hôpitaux, dans les homes" détaille Denis Fontaine.
A l’échelle du pays, entre le jeudi 18 juin et le lundi 29 juin, 1222 décès supplémentaires ont été enregistrés par rapport à la même période les années précédentes, soit une surmortalité de 39 %. Une telle surmortalité lors d'une vague de chaleur est sans précédent selon les données du Risk Management Group.
" On a déjà eu des vagues de chaleur en Belgique mais autant de décès c’est exceptionnel. On retrouve un peu ce mauvais climat du COVID et comme ici certaines communes prennent du retard dans les cimetières parce qu'il y a du personnel en congé avec les vacances et donc on reporte parfois les enterrements à une semaine et donc on a évidemment plus de défunts et plus de familles pendant une période plus longue." ajoute l'entrepreneur de pompes funèbres, Denis Fontaine.
Une attente qui n’est pas sans conséquence pour les familles, il faut une dizaine de jours pour obtenir un créneau au crématorium contre 3 à 4 jours habituellement. Les délais sont également allongés pour les inhumations dans les cimetières.
Parmi les décès supplémentaires enregistrés, 530 concernaient des personnes âgées de 85 ans et plus. "La plupart des maisons de repos ont un plan canicule et donc devaient être prêtes mais force est de constater que tout le monde n'est pas à égalité donc il y a des maisons de repos où, par exemple, les fenêtres n'étaient pas occultées. Ce que l'on recommande, c'est des pièces collectives climatisées, là vraisemblablement, c'était le cas partout mais on n'est pas à l'abri d'une panne avec cette chaleur" explique Lara Kotlar, la porte-parole de l'AVIQ - l'Agence pour une Vie de Qualité.
Les chiffres sont encore provisoires et il n’y a pour l’instant pas d’information sur les lieux de décès. "On attend surtout les résultats à domicile puisque le problème il est plutôt là. Quand il y a une surveillance, cela ne se passe pas trop mal. Quand il n'y a pas de surveillance, c'est plus compliqué parce qu'ils ne vont pas s'hydrater et puis il y a les effets des médicaments. Certains peuvent avoir un effet différent avec la chaleur et vont notamment accentuer la déshydratation" détaille encore Lara Kotlar.
Le ministre de la santé a demandé au Risk Management Group de formuler des recommandations pour renforcer la stratégie à mettre en place.