Les syndicats socialistes et chrétien de l'enseignement ont appelé mardi à "durcir le mouvement" de contestation contre le gouvernement après une rencontre qualifiée d'"extrêmement décevante" avec la ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny.
Celle-ci avait invité mardi matin les principaux syndicats à une réunion pour tenter de renouer les fils du dialogue, après des mois de vive opposition contre les dernières mesures d'économies dans l'enseignement décidées par le gouvernement MR-Engagés.
Selon les syndicats CSC, CGSP et Setca-SEL, la ministre s'est bornée au cours de cette rencontre à proposer la mise sur pied d'un nouveau comité d'avis pour améliorer la concertation avec le secteur, mais sans revoir les mesures contestées.
"La ministre campe sur ses positions. Elle a du sable dans les oreilles et ne veut pas entendre les difficultés (vécues) dans les écoles", a indiqué Roland Lahaye (CSC-Enseignement) au sortir de la rencontre.
"Je suis extrêmement déçu. Nous attendions autre chose que l'annonce d'un comité d'avis. J'ai perdu mon temps!", a-t-il ajouté, tout en dénonçant l'absence de la ministre-présidente Elisabeth Degryse (Engagés) à cette réunion.
Pour Luc Toussaint (CSGP-Enseignement), face à l'attitude de la ministre Glatigny, il n'y a "pas d'autre solution que de durcir le mouvement" pour l'obliger à entamer une véritable concertation sur les mesures imposées au secteur.
"Nous ne rencontrerons plus la ministre tant que nous n'aurons pas de propositions concrètes pour sortir de la crise", avertit Adrien Rosman (Setca-SEL), pour qui la ministre Glatigny "entend tordre le réel à sa vision idéologique" du monde de l'école.
Les syndicats ont déjà programmé une grande manifestation à Liège le 10 septembre prochain.
Interrogé par Belga, le cabinet de la ministre Glatigny a confirmé l'échec de la rencontre. "La CSC, la CGSP et Setca-SEL ont indiqué ne vouloir discuter que d'un refinancement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par le Fédéral, ou d'un recul sur les mesures d'économies, et ont donc quitté la table", a-t-on indiqué.
"La ministre a rappelé que la situation budgétaire ne s'était malheureusement pas améliorée, mais qu'elle avait entendu le mécontentement quant aux mesures d'économies et ne proposerait plus de nouvelles économies dans l'enseignement jusque la fin de la législature".
Selon le cabinet, la réunion s'est toutefois poursuivie avec les seuls SLFP et Appel (syndicats libres, ndlr). Différents points ont été évoqués, comme les conditions de travail des membres du personnel, le calendrier des futurs textes en enseignement, la pension pour inaptitude physique, ou encore la législation en matière d'accident du travail.
La ministre Glatigny relancera une invitation aux syndicats pour une nouvelle réunion le 13 octobre prochain, a-t-on précisé à même source.
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