Le député fédéral PS, Hugues Bayet, interpelle les ministres compétentes sur la situation à la prison de Jamioulx à la suite du piquet de grève organisé ce lundi. Il s'interroge sur l’état des bâtiments et à la situation du personnel pénitentiaire.
Lors d'une récente visite à la prison de Jamioulx, Hugues Bayet a pu constater lui-même l’ampleur des difficultés rencontrées par les agents et la direction de l’établissement. « Les agents de Jamioulx n’en peuvent plus et ils ont raison de tirer la sonnette d’alarme », déclare-t-il.
« Surpopulation carcérale, manque criant de personnel, bâtiments inadaptés : tout cela se cumule et met en danger à la fois les agents, les détenus et, in fine, la sécurité de la population. »
Surpopulation structurelle et conditions de travail intenables
La prison de Jamioulx connaît depuis plusieurs années une surpopulation structurelle, avec un nombre de détenus significativement supérieur à la capacité initialement prévue, sans adaptation suffisante des infrastructures.
Dans certaines sections, un seul agent se retrouve à gérer une centaine de détenus, sur des couloirs de plus de cent mètres, sans moyens techniques adéquats pour alerter rapidement en cas d’incident.
« On ne peut pas demander à deux agents de surveiller des dizaines et des dizaines de détenus dans de telles conditions, c’est humainement intenable et professionnellement irresponsable »
Le cadre théorique de surveillance à Jamioulx n’est déjà pas atteint, avec un déficit d’environ une dizaine d’équivalents temps plein, alors qu’aucune entrée en service n’est annoncée avant 2027 et que de nouveaux départs sont programmés. Parallèlement, le taux d’absentéisme reste élevé, signe d’un malaise profond nourri par la charge de travail, la pénibilité accrue et un climat de tension permanent. « On ajoute de la pression sur des équipes déjà épuisées, tout en supprimant certains avantages liés à la pénibilité du métier : c’est exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire si l’on veut recruter et fidéliser du personnel. Les agents de Jamioulx ne demandent pas des privilèges, ils demandent des moyens pour faire correctement un travail extrêmement difficile, au service de toute la société. »
Un ensemble saturé
Le greffe gère aujourd’hui plusieurs centaines de dossiers, bien au-delà du volume pour lequel le service avait été dimensionné à l’origine, notamment en raison du développement de la surveillance électronique et du droit de recours des détenus.
« Tous les services sont dépassés, pas seulement le personnel de surveillance. On ne peut pas multiplier les obligations administratives et judiciaires sans adapter les équipes, les outils et les infrastructures. »
Après avoir posé le constat, Hugues Bayet demande aux ministres compétentes des réponses claires et des engagements concrets :
Un état des lieux précis des effectifs théoriques et effectivement présents, par grade, sur les cinq dernières années, et un plan de recrutement accéléré pour résorber le sous-effectif à court terme.
La garantie de ratios de surveillance acceptables par section, avec les moyens matériels nécessaires (dont la téléphonie d’alerte), afin d’assurer la sécurité des agents et des détenus.
Des mesures pour réduire l’absentéisme et restaurer l’attractivité de la fonction (conditions de travail, accompagnement psychosocial, prise en compte de la pénibilité, prévention des violences).
Un renforcement des équipes du greffe, ainsi que des moyens de digitalisation et de soutien juridique, pour faire face à l’augmentation et à la complexification des dossiers.
« La situation de Jamioulx n’est pas une fatalité. Avec de la volonté politique, des recrutements ciblés, un investissement dans les bâtiments et une écoute réelle du terrain, nous pouvons restaurer des conditions de travail et de détention dignes, au bénéfice de la sécurité de tous. » conclut Hugues Bayet
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