La prochaine rentrée des classes voit toute une série de nouvelles mesures et décisions politiques concernant l'école qui entrent en application. Voici les principales d'entre elles:
2 heures en plus pour les profs du secondaire supérieur
C'est l'une des mesures les plus contestées du décret programme approuvé en juin dernier: les enseignants du secondaire supérieur voient leur charge horaire "face classe" passer de 20 à 22 périodes hebdomadaires, sans compensation salariale.
Ces heures de cours en plus pour les uns signifient des heures en moins pour les autres, à savoir les enseignants non-statutaires. Ceux-ci vont en conséquence devoir chercher à compléter leur horaire dans d'autres écoles, ou dans le degré inférieur du secondaire.
Face à la contestation et aux craintes de pertes de charges, le gouvernement a complété sa réforme par une série de mesures temporaires d'accompagnement pour en limiter les effets trop négatifs. Leur efficacité se mesurera dans les semaines et mois à venir sur le terrain.
Le gouvernement a aussi prévu de rapatrier vers les classes toute une série de profs qui étaient jusqu'ici détachés de l'enseignement vers des associations, des organisations de jeunesse, etc. La mesure vise à réduire la pénurie d'enseignants.
Des DPPR rabotées, un régime maladie moins généreux
Le plan d'économie adopté en juin dernier prévoit aussi un resserrement du dispositif de fin de carrière pour les profs (appelé DPPR dans le jargon) ainsi qu'un régime de congés maladie moins généreux. Ainsi, après épuisement de leur "pot" de jours maladie où ils sont payés à 100%, les enseignants malades ne percevront plus dorénavant que 60% de leur salaire. Jusqu'à présent, ils en touchaient 80% lors de leur première année d'absence, puis 70% la deuxième année, et 60% seulement à partir de la troisième année d'absence.
La "gratuité scolaire" étendue, mais avec moins d'argent
Appliquée jusqu'à présent jusqu'en 3e primaire, la distribution gratuite des fournitures scolaires de base par les écoles sera étendue jusqu'à la 5e primaire lors de cette rentrée (et à la 6e primaire l'année prochaine). Le gouvernement a toutefois décidé de supprimer l'enveloppe budgétaire qui était spécifiquement dédiée aux écoles pour financer cette distribution. Celles-ci devront en conséquence la financer sur leur dotation globale de fonctionnement (qui ne sera pas augmentée à due concurrence).
La même logique prévaut pour les repas gratuits qui étaient jusqu'ici distribués dans les écoles à public défavorisé. Les établissements qui le souhaitent pourront maintenir ces repas gratuits, mais avec moins de moyens pour ce faire.
Les économies réalisées sur ces politiques de gratuité seront réinjectées dans le renforcement des dispositifs d'accompagnement pédagogique des élèves.
Accompagnement personnalisé renforcé en primaire
À partir de cette rentrée, l'horaire hebdomadaire des élèves devra comprendre au minimum trois périodes d'accompagnement personnalisé en 1re et 2e primaire, au moins deux périodes en 3e et 4e année (+ une période supplémentaire soit en 3e, soit en 4e), et deux périodes en 5e et 6e primaire.
Le dispositif bénéficiera de moyens financiers complémentaires. Le gouvernement a aussi veillé à ce que les plus petites écoles puissent elles aussi en bénéficier pleinement.
Un test CLE en 4e primaire
Cette rentrée sera marquée par la mise en place d'une nouvelle évaluation externe. Baptisé CLÉ ( pour 'Calculer, Lire, Écrire'), ce test-diagnostic sera soumis à tous les élèves de 4e primaire.
Contrairement aux épreuves du type CEB, CE1D ou CESS, le test CLÉ sera non certificatif. Il doit servir à mesurer la maîtrise par chaque élève des savoirs fondamentaux à l'issue des trois premières années du primaire. Objectif: détecter rapidement les éventuelles lacunes et y apporter des réponses pédagogiques adaptées.
Ce premier test CLÉ sera organisé dans les écoles entre le 15 septembre et le 1er octobre prochains.
Le seuil de réussite du CEB, CE1D et CESS relevé à 60%
En juin prochain, le seuil de réussite des épreuves certificatives externes que sont le CEB (organisé en fin de 6e primaire), le CE1D (en fin de 2e secondaire) et le CESS (à l'issue de la 6e secondaire) sera relevé à 60%, contre 50% jusqu'à présent.
Pour réussir leur CEB, les élèves devront obtenir au moins 50% dans chacune des matières évaluées au CEB (français, mathématiques et éveil) mais atteindre une moyenne globale de 60%. Pour le CE1D et le CESS, les élèves devront obtenir un minimum de 60 % dans chacune des matières évaluées.
Ce relèvement des exigences de réussite sera associé à un renfort de mesures d'accompagnement personnalisé pour les élèves identifiés en difficultés.
Le tronc commun arrive en 1re secondaire
Après les maternelles, puis les primaires, le nouveau tronc commun arrive cette année en 1re secondaire. La majorité MR-Engagés a toutefois décidé d'adapter quelque peu son organisation par rapport aux plans initiaux tracés par le Pacte pour un enseignement d'excellence.
Cette première année du cycle secondaire comptera ainsi six périodes de français-langues anciennes, cinq de mathématiques (soit une de plus qu'initialement prévu), quatre de langues, trois de sciences, quatre d'histoire-géo, ainsi que deux périodes dévolues au numérique et une à la FMTT (Formation Manuelle, Technique et Technologique). Chaque élève bénéficiera en outre de deux périodes d'accompagnement personnalisé pour être aidé dans sa transition du primaire vers le secondaire.
La 1re année différenciée (qui accueillait jusqu'à présent les élèves ayant raté leur CEB) est dorénavant supprimée. Mais les moyens budgétaires ainsi récupérés seront utilisés pour organiser un "encadrement renforcé" au bénéfice des élèves en plus grande difficulté.
Afin de faire découvrir plus précocement le monde du travail aux plus jeunes, la 1re secondaire comptera en outre deux journées de découverte d'un métier ou d'une entreprise.
Une meilleure lutte contre le décrochage scolaire
De nouvelles mesures visent à améliorer la lutte contre le décrochage scolaire. L'objectif est d'intervenir plus rapidement auprès des élèves concernés pour les raccrocher plus vite à l'école. Ceux-ci feront l'objet d'un meilleur suivi. Le rôle de chaque intervenant est désormais plus clair afin de mieux coordonner leurs interventions. De nouveaux outils de vérification des présences en classe sont également prévus.
Fin des signes convictionnels pour le personnel des écoles officielles
À compter de cette rentrée, des règles de neutralité plus strictes s'appliqueront pour le personnel scolaire des écoles officielles. Le port de signes convictionnels leur sera désormais interdit. Sont concernés les enseignants, les membres de directions, les éducateurs, les stagiaires, le personnel administratif, mais aussi les ouvriers, le personnel d'entretien, les cuisiniers, les professionnels des centres psycho-médicaux-sociaux (PMS), le personnel des internats et des centres de plein air. Une exception est toutefois prévue pour les professeurs de religion et de morale.
Concrètement, le port visible d'un voile, d'une croix, d'une étoile de David sera interdit. Il en sera de même pour tout vêtement ou accessoire (t-shirt, pin's, etc.) renvoyant vers une conviction politique ou philosophique.
La mesure s'applique à toutes les écoles des réseaux officiels, à savoir WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), les écoles communales et provinciales, ainsi qu'aux écoles libres non confessionnelles. Les écoles libres confessionnelles ne sont donc pas concernées.
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