La chaleur et le manque d'eau de ces dernières semaines ne réjouissent pas tout le monde, au contraire. Du côté des producteurs de fruits et légumes, c'est parfois même une catastrophe avec des pertes considérables.
Des pommiers en souffrance sous l’effet de la chaleur
Dans son verger de Wanfercée-Baulet, Bastien Lefèvre n’a pas besoin de longues observations pour constater les effets du temps sec. Les arbres montrent déjà des signes de stress. « Les feuilles se rétractent pour économiser de l’énergie. Il arrive aussi que l’arbre lâche des feuilles et des fruits », explique-t-il. Ce mécanisme de défense permet aux pommiers de limiter leurs besoins en eau mais il a une conséquence directe sur la production. Les fruits grossissent moins et certains tombent avant d’arriver à maturité.
Des pertes de rendement qui pèseront sur les revenus
Cette année, le calibre des pommes est déjà inférieur à celui observé habituellement. En temps normal, l’exploitation récolte différentes tailles, allant de 60-65 à 85 millimètres de diamètre. Aujourd’hui, de nombreux fruits restent sous les 60 millimètres.
« La taille des fruits est un problème. La chaleur persistante des prochaines semaines risque aussi d’avancer la récolte. On aura des fruits plus petits et en moins grande quantité puisqu’ils n’auront pas tous pu pousser », précise Bastien Lefèvre.
Les conséquences sont aussi économiques. « Au niveau de la chaleur et de la sécheresse, c’est 50 % de rendement en moins et donc 50 % de revenus en moins attendus. »
À ces difficultés s’ajoutent les dégâts provoqués par les orages et les épisodes de grêle de la fin du mois de mai. Certaines variétés ont été particulièrement touchées, comme la Rouge de Temploux. « La grêle a blessé de nombreux fruits, ce qui a condamné beaucoup d’entre eux », explique le producteur.
S’adapter à un climat qui change
Face à ces épisodes climatiques de plus en plus fréquents, l’exploitation réfléchit déjà aux adaptations nécessaires. Le choix des variétés cultivées pourrait évoluer, tout comme les investissements destinés à protéger les vergers. « Il faudra investir dans des moyens de protection contre la grêle et surtout penser à un système d’irrigation au goutte-à-goutte au pied des arbres. C’est du jamais vu depuis 45 ans que notre famille exploite ces terres », souligne Bastien Lefèvre.
Cette saison, les pommes trop petites ou abîmées ne seront pas perdues. Elles seront notamment transformées en jus afin de limiter les pertes. Mais, comme de nombreux agriculteurs, l’arboriculteur espère désormais un changement de météo et voir la pluie tomber, même si cela ne sauvera pas les récoltes de cet été.
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