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La rentrée scolaire : Hors de prix, selon la ligue des familles (témoignages)

La rentrée scolaire : Hors de prix, selon la ligue des familles (témoignages)

C’est un peu ce que l’on appelle un marronnier dans notre profession un sujet qui revient chaque année et en l’occurence celui-ci revient régulièrement à l’approche de la rentrée scolaire.  Combien coûte cette fameuse rentrée ? Beaucoup trop, selon la Ligue des Familles qui serine son même crédo et ressort ses mêmes enquêtes chaque année. 

La ligue des familles a mené son enquête, résultat, la rentrée scolaire coûte cher, trop cher pour certains parents. 

« Rien de neuf sous le soleil : c’est l’été et la Ligue des familles revient taper sur un clou que les parents auraient déjà voulu voir enfoncé depuis un bon moment. Il s’agit bien évidemment de la fameuse gratuité scolaire. Maintes fois promise (et votée), toujours insuffisamment réalisée, cette gratuité reste un pas important à franchir vers l’effective démocratisation de l’enseignement. »

Voilà ce que l’on peut lire en introduction de l’enquête de la Ligue des familles. Certains parents ont en effet déjà reçu la liste des fournitures pour leur enfant et ce n’est pas toujours rassurant. 

L’école Maternelle peut déjà coûter très cher

Si l’on en croit l’enquête de la Ligue des familles, en maternelles les parents peuvent déjà débourser entre 55 et 179 euros.  Toutefois, dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence, de nouvelles mesures de gratuité, accompagnées de subventions spécifiques, sont d’application en première et deuxième maternelle. Elles seront d’application pour toutes les classes de maternelle dès la rentrée 2021. Ces mesures produisent un effet visible sur les coûts imposés par les listes de rentrée : la moyenne des coûts pour les classes de M1 et M2 est de 76,08 euros tandis qu’elle est de 134 euros pour les classes de M3. 

Isabelle est enseignante, elle a aussi trois enfants, elle est donc bien placée pour nous parler de la rentrée scolaire.  Elle est institutrice en maternelle dans la botte du Hainaut.  Pour elle, les choses sont claires. 

« Je travaille dans une école communale, chez nous c’est la gratuité totale en vertu du nouveau décret, la direction a même décidé d’appliquer cette règle pour les primaires aussiLes enfants reçoivent donc bics, fardes, porte plume, encre etc…  comme ça tout le monde est sur le même pied d’égalité.  Notre école n’a jamais poussé à la consommation quand mes enfants y étaient, les enseignants me conseillaient même les magasins premiers prix pour y acheter compas et autre matériel plus spécifique.  Ils n’ont jamais regardé aux marques, d’ailleurs imposer des marques est interdit. »

Les parents de ces petits élèves ne paieront cette année encore que les extras comme la piscine par exemple ou les possibles excursions, et là encore il y a un plafond à ne pas dépasser.

« L’an dernier, nous avions décidé de proposer des collations saines, et nous demandions une quote part aux parents, mais cette année nous devons tout arrêter, à cause du Covid 19 et de l’Afsca. » 

Lorsque l’on s’occupe d’enfants de première et deuxième maternelle, il faut aussi penser aux petits accidents, mais les parents sont plus prévoyants que l’on ne pourrait le croire, ils fournissent lingettes, mouchoirs en papier, voir coton et huile de toilette pour les petites peaux sensibles. Donc pas d’exigences, ni de dépenses superflues là non plus, ni pour l’école, ni pour les parents. 

En primaire, les listes circulent déjà

En primaire, la facture s’alourdit encore jusqu’à 234 euros en moyenne, selon les calculs de la Ligue des familles. Pour Sabrina, maman à la tête d'une famille nombreuse, le compte est bon, mais elle possède ses trucs et astuces.  Ses deux petits garçons entrent en 4ème année et un 5ème année primaire, et elle a reçu les listes de fournitures en juin donc elle sait ce dont ils ont besoin.  Elle a aussi une fille en Rhéto et un troisième garçon en 4ème secondaire, mais chez elle pas de panique.

" Chaque année en juin, nous recevons toujours plus ou moins la même liste.  Nous sommes une famille nombreuse, donc il faut s'organiser, les grands n'ont pas de listes mais j'achète les fournitures en grosse quantité pour tout le monde, c'est toujours plus ou moins la même chose. En plus, dès que je vois de bonnes promotions, à n'importe quel moment dans l'année, j'en profite, je me constitue ainsi un petit stock régulier .  Cette année nous avons fait aussi beaucoup de récupération, cartables, plumiers, stylos, lattes, ciseaux, dictionnaires, Bescherelle, quelques fardes.... j'ai  dû racheter des crayons, marqueurs, blocs de feuilles, papiers à recouvrir, papiers transparents, et pour les 4, je n'arrive même pas à 200 euros, mais j'ai largement de quoi réapprovisionner pendant l'année au besoin."

En secondaire : il faut bien choisir son école

La facture pour la rentrée en secondaire, toujours selon la ligue des familles peut varier de 291 à 520 euros, quasi du simple au double.  Pour Isabelle, cette variation se fait aussi en fonction de l'école que l'on choisit.  Maman de trois enfants inscrit dans l’enseignement secondaire, elle l’a appris à ses dépens.  

« Lorsque mes enfants fréquentaient l'enseignement libre, c’était le coût de fusil à chaque fois. Nous avons dû les changer d’école pour des raisons qui n’étaient pas économiques, mais ils sont allés dans l'enseignement officiel et là, la facture n’avait pas la même couleur.  Les manuels étaient prêtés sous caution, pas besoin de les acheter.  Pour ce qui est de l’organisation familiale, nous demandions aux enfants de tenir leurs cartables deux années de suite au minimum et nous achetions directement de la qualité.  Certaines familles ne peuvent déjà pas s’offrir des cartables de qualité dès la première année ! Tout coûte cher, les photocopies aussi, alors il faut trouver des astuces.  Moi j’achetais en gros lors des promos de rentrée et lorsque les enfants avaient besoin, ils se servaient à la « procure » de la maison. »

Certains parents veulent eux-mêmes acheter plus cher, des produits de marque qu’ils croient plus solides mais ce n’est pas toujours vrai.  Ils n’osent pas aller à l’encontre des demandes spécifiques de certains professeurs. 

« Les parents font confiance aux professeurs, mais ce n’est pas toujours ce qui est cher qui fonctionne le mieux.  Je suis au courant des demandes spécifiques sous couvert de qualité, ils ne peuvent pas… c’est aussi une manière d’exclure certains élèves, ceux qui ont moins de moyens. Mais le problème des parents qui ne suivent pas c’est que l’on va juger l’enfant, cela peut être source de harcèlement. »

L’école gratuite est donc d’une certaine façon un moyen de lutte contre la face visible des différences socio-économique entre enfants.  Tous les élèves pourraient partir du bon pied. 

Histoire de contexte

C’est ce que la ligue des familles dénonce également. Des coûts parfois très importants qui interviennent cette année dans un contexte particulier en raison dans la crise Covid : Les ménages, particulièrement les plus pauvres, se sont appauvris durant le confinement et c’est donc dans un contexte plus difficile encore que les frais scolaires vont frapper.

La Ligue des familles dénonce également un nombre important de pratiques illégales à travers ces listes. De fait, la plupart des listes demandent aux parents des achats supplémentaires et illégaux. L’écrasante majorité des listes demande des marques spécifiques comme des colles « Pritt » ou des marqueurs « Velleda » et ce malgré l’interdiction d’imposer une marque ou un fournisseur particulier.

La Ligue des familles réclame donc des pouvoirs politiques, à nouveau, une série d’actions allant dans le sens de la poursuite des mesures de gratuité commencée en maternelle et la création d’une « inspection gratuité ».  Elle demande aussi de sensibiliser les acteur·trice·s de l’école et de veiller au financement de ces mêmes écoles. Verdict le 1er septembre. 

 


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