Aller au contenu principal

Préavis de grève dans les prisons, Jamioulx n'y échappe pas

Après les tensions dans les prisons suite à la suppression des visites dans les prisons pour raison de confinement, voici les revendications des gardiens pour une concertation sociale correcte en ce qui concerne la reprise de ces mêmes visites.  Elles sont à nouveau autorisées dès aujourd'hui dans des conditions très strictes.  Comment vont-elles être appliquées ? Les gardiens veulent des garanties, Jamioulx n’échappe pas à la règle. 

Le 30 mars dernier, de vives tensions secouaient la prison de Jamioulx. En début de soirée, une dizaine de détenus avaient alors refusé de rentrer dans leurs cellules après le préau. Une émeute avait éclaté et les mutins avaient même déclenché un incendie. Une réaction face aux conditions de détention renforcées en cette période de coronavirus. 

"S’ils ne voulaient pas rentrer, expliquait alors Alain Bal, le chef de corps de la zone de police Germinalt, c’est parce que, d’une part, ils n'avaient plus de visites. Et d’autre part, ils demandaient au gouvernement de pouvoir rentrer chez eux. Tout était bloqué. Certains devaient avoir des bracelets électroniques. Mais tout ça était bloqué. »

Après l’intervention de la police fédérale, les choses étaient rentrées dans l’ordre en début de soirée, mais on sait que depuis la tension était palpable, au vu de la situation particulière vécue à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements pénitenciers.  

« A Jamioulx on n’a pas à se plaindre »

Selon Fabrice Dupont, président régional de la CGSP Amio, le fait de reprendre les visites va être un plus et faire baisser la pression. 

« Tant pour les gens qui sont détenus que pour les familles, cela va être un plus puisqu’ils sont privés de visites depuis près de deux mois.  On peut comprendre l’isolement dans lequel ils sont pour l’instant, mais il faut que ça se fasse dans des règles strictes de sécurité pour protéger tant les familles que les détenus et le personnel. »

D’autant que jusque là, contrairement à d’autres établissements du même type, aucune infection n’a été déclarée, seuls quelques membres du personnel suspectés ont été écartés. 

Préavis de grève pour le 2 juin 

Et pour être certains d’échapper à toutes nouvelles tensions, les trois syndicats de gardiens ont déposé un préavis de grève en front commun pour le 2 juin.  Ils demandent à ce que toutes les concertations sociales aient lieu dans les règles partout.  

« Comme le faisait remarquer notre secrétaire fédéral ad interim, les mesures dans les prisons sont plus souples que celles dans les maisons de repos, donc il y a un petit problème semble-t-il !  On a réduit le nombre de tables et de visiteurs (11 tables dans la salle de visites à Jamioulx) les visites se feront sur rendez-vous. »

Chaque détenu aura le droit de choisir un ou deux visiteurs qui doivent avoir un papier sur l’honneur stipulant qu’ils n’ont pas eu de symptômes dans les 15 jours, ils devront porter un masque et les visites auront lieu dans le respect de la distanciation imposée par le CNS (Conseil National de Sécurité).  Les tables de visite seront munies de Plexiglass.  Il y aura également un trajet très précis à suivre pour l’accès à ces salles. 

« Néanmoins, on n’est pas encore sûr que le matériel va être disponible, le gel hydroalcoolique par exemple ou les plexiglass. On voudrait bien mettre un petit coup de pression pour que tout soit en ordre pour aujourd'hui.  A Jamioulx, on ne doit pourtant pas se plaindre hormis les plexiglass tout semble en ordre. »

La concertation demandée, n’a donc pour autre but que de permettre une rencontre productive entre les directions et les conseillers en prévention pour que tout le monde soit bien protégé, détenus comme famille, et membre du personnel. Des réunions au niveau fédéral sont dors et déjà prévues pour voir si les promesses seront tenues, à suivre…

 


NEWSLETTER

Abonnez-vous à notre newsletter en entrant vos données ci-dessous

Direct X

Création de sites Internet EasyConcept™ Logo Easyconcept