La Corpo offrait ainsi une affiche à la hauteur de son histoire : le leader, Sonaca, recevait son dauphin, Fontaine, relégué à deux points. Une finale avant l’heure, une promesse tenue jusqu’au bout.
Avant même le coup d’envoi, le ton était donné. « C’est une superbe affiche pour terminer la saison. On ne pouvait pas rêver mieux pour motiver les joueurs. Fontaine dispose d’une très belle équipe. Si le titre est au bout, on aura réussi une belle performance », confiait Azedine Massaadi, l’entraîneur de la Sonaca.
En face, Christophe Barrit affichait lucidité et ambition : « La Sonaca est favori mais on a livré un beau championnat. Ce sera une formidable finale. On fera de notre mieux contre le ténor de la série. »
Fondé en 1945, le groupement corporatif de Charleroi a vu défiler des générations d’hommes, d’équipes et d’histoires. Les usines ont changé de visage, les équipes aussi. Les « gars du seraille » se font plus rares, et bientôt il ne restera qu’une seule division. Mais il subsiste quelque chose d’essentiel, presque indéfinissable : le plaisir du jeu, intact, fidèle, presque têtu.
Un titre de plus pour La Sonaca
Et puis il y eut le match. Comme souvent dans ces rendez-vous où tout peut basculer, Sonaca frappa d’entrée. À peine une minute de jeu, et déjà l’ouverture du score — comme une évidence. Mais Fontaine ne céda pas. Sur penalty, Gaoua remit les siens à hauteur avec sang-froid. L’égalité avait ce goût particulier des combats qui refusent de plier.
Avant la pause, Sonaca reprit toutefois l’avantage. Une frappe du gauche de Van Langenhove, nette, précise, presque écrite à l’avance, redonnait l’ascendant aux locaux. La seconde période, elle, se fit plus tendue, plus contenue. Moins de mouvement, davantage d’attente. Comme si le match, conscient de son enjeu, retenait son souffle jusqu’au bout. « Le titre est au bout. Je suis fier des joueurs. Ils ont tout donné sur le terrain face à un formidable adversaire. Quel plaisir », savourait le capitaine Maxime Siciliano.
Un titre de plus, certes. Mais surtout une émotion de plus. Car au fond, dans ces championnats que le temps effleure doucement, il ne s’agit pas seulement de gagner. Il s’agit de continuer à jouer, malgré tout. Et cela, peut-être, vaut tous les trophées.