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Edito: Qu'ils ne disent plus qu'ils n'étaient pas prévenus

Edito: Qu'ils ne disent plus qu'ils n'étaient pas prévenus

Quand la première vague de l'épidémie a commencé à s'éloigner peu à peu pendant l'été, les experts avaient pourtant prévenu : le retour du boomerang Covid risquait de faire très mal durant l'automne.

Nous y sommes.

Oh bien sûr, la situation est suffisamment dramatique pour ne pas se contenter de pleurer sur le lait répandu. La seule chose qu'il nous reste aujourd'hui, c'est notre capacité de résilience et la concentration sur la gestion de la crise pourtant à deux doigts de nous échapper.

Et puis, c'est vrai, de l'avis des mêmes experts, l'intensité de la circulation et la capacité de nuisance du virus lors de cette deuxième vague dépassent de loin les prévisions les plus pessimistes.

Mais tout de même, il faut bien le constater : si l'on peut encore à moitié (bien lire à moitié) comprendre l'impréparation des autorités à faire face à la première attaque du virus au printemps, il est totalement hallucinant de voir aujourd'hui à quel point rien, virtuellement, n'a été fait durant les mois de répit estivaux pour se préparer au rebond.

Alors que l'épidémie était à son plus bas niveau, qu'a fait le gouvernement fédéral, et singulièrement Maggie De Block, pour augmenter les capacités de testing de manière significative, qui étaient pourtant la pierre angulaire de la stratégie anti-covid? 

Qu'a fait le gouvernement pour  accélérer la reconnaissance des tests salivaires et des auto-tests qui auraient permis, à tout le moins, de ne pas engorger jusqu'à la garde les centres de testing et les labos et de mettre complètement par terre la stratégie mise en place. 

Qu' a fait le gouvernement pour augmenter singulièrement le nombre de lits d'hôpitaux, notamment en soins intensifs en prévision d'une dégradation automnale ?

Qu'a fait le gouvernement pour mettre en place rapidement le baromètre de l'épidémie ?

Qu'a fait le gouvernement pour recruter, tant qu'il en était encore temps, du personnel de soins de santé pour soulager un peu celui qui est déjà sorti exténué de la première vague ?

Qu'a fait le gouvernement pour communiquer clairement et faire en sorte que la population adhère aux mesures de manière beaucoup plus forte ?

Qu'ont fait les gouvernements pour se coordonner et avancer en rangs serrés au lieu de chipoter depuis des jours en se pinçant le nez devant la nécessité des décisions radicales à prendre vu l'exponentialité de l'épidémie? 

Qu'ont-ils fait si ce n'est repousser un maximum un confinement, symbole d'un échec collectif, mais qu'on savait inéluctable depuis des semaines en dépit de son caractère toujours aussi liberticide.

Aujourd'hui, notre système de soins de santé est au bord du gouffre. Et il faudra des semaines, de nombreux drames humains, de nombreux morts encore avant de casser la courbe. 

Nous avions un bon tour d'avance sur le virus il y a quelques semaines. Il nous a rattrapés. Et est en train de nous dépasser. 

Et le premier ministre Alexander De Croo aura beau pointer du doigt la responsabilité collective, il n'en reste pas moins que la responsabilité politique, elle, a failli à tous les étages.

Il y a quelques jours, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles disait que, plus tard, le monde politique devra rendre des comptes. La belle affaire de reconnaître qu'on a joué avec le feu quand la maison se sera embrasée de manière irréversible...

 


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