C’était l’annonce de la semaine, conjointe du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, et du bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine : en décembre 2027, un train supplémentaire le matin et le soir reliera Charleroi à Bruxelles en 46 minutes !
Mieux encore : en 2034, soit dans 8 ans, on gagnera encore une minute, et les trains du matin mettront 41 minutes !
Autant dire que les navetteurs quotidiens dansent la carioca sur les quais de Charleroi-Central. Extase de la mobilité, paroxysme de la félicité pour tous ces voyageurs qui, chaque jour, empruntent pour l’instant un moyen de transport qui met quasiment autant de temps pour rallier la capitale qu’il y a 100 ans.
Plus sérieusement, on peut évidemment se réjouir de l’intensification du trafic entre Charleroi et Bruxelles, qui sera, on l’espère, de nature à inciter plus de monde à emprunter le train pour aller travailler. Toute initiative qui va, d’ailleurs, dans le sens de la marche vers une décarbonation de la mobilité et une utilisation plus importante des transports en commun doit évidemment être louée et mise en exergue. D’autant qu’elles ne sont pas légion, ces initiatives. Car soyons de bons comptes : alors qu’on ne cesse de vouloir pousser les gens vers une mobilité plus partagée et plus douce, on a parfois le sentiment confus que tout est mis en place pour rebuter les potentiels utilisateurs du train.
Il y a la ponctualité d'abord. Les chiffres avancés par la SNCB, 91,7 % de ponctualité (soit le meilleur résultat depuis 20 ans), ne résistent pas nécessairement aux réalités du terrain. Les trains en retard et surtout les trains supprimés, les navetteurs s’en plaignent plus que régulièrement. Et quoi qu’on en dise, ils sont nombreux ceux qui pestent au quotidien et perdent un temps précieux à attendre dans les courants d’air de la gare.
Et puis, il y a le prix. Il y a quelques mois, la SNCB a complètement révolutionné sa grille tarifaire pour la simplifier et la rendre plus lisible. Or, si des avantages sont indéniables — comme le billet moins cher les week-ends et en heures creuses, qui pourraient stimuler l’envie de prendre le train pour certaines catégories — il faut bien constater que, si l’on ne bénéficie pas de réductions (dont certaines ont d’ailleurs disparu), le billet de train reste relativement cher, surtout si on l’utilise tous les jours. Et on ne vous parle pas des billets internationaux, qui peuvent vous amener parfois à payer trois fois plus cher qu’en avion pour descendre dans le sud de la France en train.
Soyons donc clairs : si les autorités veulent réellement favoriser la mobilité douce et partagée, elles doivent dès à présent mettre sur les rails une politique réellement incitative, qui va bien au-delà de deux minutes gagnées sur un trajet Charleroi–Bruxelles. Faute de quoi, les travailleurs risquent bien, un jour ou l’autre, d'envoyer le chelin de fer à la gare à coups de botte dans le train.
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