Les travaux de restauration de l’Abbaye d’Aulne, attendus depuis des années, sont temporairement suspendus. En cause : un couple de faucons pèlerins en pleine nidification sur le site.
Annoncé en février, le vaste chantier de restauration et de sécurisation de l’Abbaye d’Aulne devra encore patienter. Alors que la Région wallonne a débloqué un budget de 7 millions d’euros pour préserver ce site emblématique, un invité inattendu est venu bouleverser le calendrier : un couple de faucons pèlerins.
Le Département Nature et Forêts (DNF) a rapidement tiré la sonnette d’alarme. Le bruit et l’activité du chantier pourraient perturber les oiseaux, au point de les pousser à abandonner leur nichée. « Actuellement, la femelle est en train de couver. On ne peut pas la déranger pour le moment », explique Paul Michaux, ornithologue bénévole. Un contretemps d’autant plus regrettable que le chantier avait été planifié en dehors de cette période sensible. « Normalement, cela devait commencer plus tôt ou plus tard, mais pas en pleine nidification. C’est un peu aberrant », ajoute-t-il.
Une présence rare et précieuse
Si ce report peut frustrer, il constitue aussi une excellente nouvelle pour la biodiversité. Le faucon pèlerin, autrefois au bord de l’extinction en Europe à la fin des années 1960, reste une espèce remarquable. Sa présence sur le site de l’abbaye est d’autant plus exceptionnelle qu’aucun aménagement spécifique n’a été réalisé pour l’attirer. « Dans beaucoup de villes, on installe des dispositifs pour favoriser sa nidification, notamment sur des clochers ou des cathédrales. Ici, il est venu tout seul », souligne Paul Michaux. « Il a trouvé un territoire de chasse et a décidé de s’installer. Il ne faut surtout pas le déranger. »
Les travaux reprendront donc dans quelques mois, une fois la période de nidification terminée et les jeunes envolés. « On pourra recommencer début août. À ce moment-là, il n’y a pratiquement plus de nidification », précise l’ornithologue. Reste l’urgence de préserver les ruines de l’abbaye. Sans intervention, le site pourrait continuer à se dégrader. « Si on ne consolide pas, dans 50 ans, ce sera un amas de pierres », avertit-il. « Il faut évidemment faire les choses, mais au bon moment. »
Un équilibre délicat entre préservation du patrimoine et respect de la nature, que les autorités devront continuer à maintenir dans les mois à venir.
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