La crise sanitaire n’a pas fait que des trous dans les caisses des services publics. Ainsi au CPAS de Charleroi, le président Philippe Van Cauwenberghe vient d'annoncer un boni de 2 millions d’euros.
Cela s’explique par l’organisation du télétravail (qui réduit les dépenses courantes en chauffage, électricité et frais de déplacements) et l’interruption de certaines activités collectives. D’autre part, les subsides complémentaires Covid de la Wallonie et du fédéral n’ont pas encore été engagés.
Cette bonne santé financière devrait être mise au profit de la ville de Charleroi, pour alléger l’intervention de cette dernière sur le budget du Centre public d'action sociale.
C’est cette dernière déclaration du président qui ne passe pas au niveau du personnel et des affiliés à la CGSP ADMI. Philippe Barbion, leur permanent s’explique.
« Plusieurs travailleurs nous ont contactés pour nous dire qu’ils étaient choqués par ces déclarations. Au-delà de ce que certains appellent une bonne gestion financière du CPAS, les différentes primes octroyées par les différents gouvernements n’étaient pas pour aider à faire des bonis sur les budgets des CPAS mais bien pour aider, renforcer et récompenser les travailleurs qui ont toujours répondu présents depuis le début de la crise. »
Toujours selon le syndicat, malgré leurs disponibilités, certains travailleurs n’étaient pas concernés par les différentes primes octroyées, néanmoins ils auraient pu, vu les bénéfices dégagés par le CPAS, espérer recevoir une compensation sur fond propre en guise de remerciement.
La crise COVID a démontré que les travailleurs du CPAS ont été solidaires dans la continuité des services et l’aide aux citoyens.
« Aujourd’hui, le constat est amer et sans appel, les travailleurs restent le citron à presser pour équilibrer les budgets et boucher des trous tels que les taux de responsabilisations qui explosent année après année faute de plan de nomination. »
Toutefois, du côté de la présidence du CPAS, Philippe Van Cauwenberghe reste prudent puisque les prévisions ne sont pas réjouissantes. Les revenus d’intégration devraient repartir à la hausse avec 721 demandes supplémentaires. Tandis que plus cyniquement, la baisse d’occupation dans les maisons de repos devraient priver le CPAS de rentrées plus ou moins importantes.
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