La zone des Trieux a participé à l'étude de l'UMons sur la santé mentale des policiers

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L’Université de Mons et plus particulièrement son service de psychopathologie légale, s’intéresse depuis 7 ans déjà à la santé mentale de nos policiers. Une première étude a été menée sur 208 policiers, elle sera présentée ce vendredi 2 juin à Mons, et son but à l’avenir est de contribuer au développement de dispositifs de prise en charge et de formation plus ajustés aux besoins.

En 2016, quelques chercheurs s’intéressent à la santé mentale d’hommes et de femmes confrontés au quotidien à la violence de leurs congénères, les policiers. Petites ou grandes violences, qu’il faut pouvoir « encaisser » au quotidien. C’est Audrey Vicenzutto, chargée de cours au service de psychopathologie légale, qui pilote le projet.

« L'idée était que nous avions des collègues de terrain, donc des policiers, qui étaient demandeurs d'avoir un appui scientifique de l’université, pour comprendre les mécanismes de stress qui sont en jeu au niveau des policiers dans leur mission quotidienne. Et donc, on a commencé une petite étude, et très vite, ça a pris de l’ampleur parce que les collègues de terrain ont collaboré et on est arrivés à un échantillon de 200 policiers francophones. »

208 exactement ! Et parmi ces policiers, peut-être, des agents de la zone des Trieux. La chef de zone Delphine de Lavareille, est en tout cas convaincue du bien fondé de cette étude et a relayé les demandes des scientifiques.

« J’essaie en tout cas, chaque fois, de faciliter la participation des membres du personnel au différents questionnaires. Je pense que le travail que nous faisons est de plus en plus impactant et il ne faut pas le négliger. Analyser le vécu émotionnel des agents est déjà une bonne chose. Pour la police au sens large, ça peut aider à comprendre certaines choses et au plus il y aura de réponses au plus cette étude sera pertinente. »

Une échantillon représentatif ? 

L’échantillon peut en effet paraitre minime au regard du nombre d’agents de Police, près de 14 000 sur tout le territoire. Un chiffre à diviser par deux puisque l’étude ne s’intéresse qu’aux francophones. Il en reste à la grosse louche 7 000. Emilie Telle qui est doctorat et assistante sous mandat au service de psychopathologie légale, nous rassure.

« 208 policiers, ça peut paraître peu, au regard du nombre de policiers en fonction en Belgique, mais il ne faut pas oublier que la recherche se fait sur base volontaire. Donc il n'y a pas d’obligation pour les policiers de participer à la recherche. C'est une population aussi qui n'est pas toujours, « facile d’accès" dans la mesure où ils ont peu de temps à nous consacrer. Mais, il s’agit quant même d’un bon échantillon qui a permis de générer des résultats intéressants… »

Audrey Vicenzutto, confirme « D’autant que ces 208 participants ont été rencontrés individuellement en entretien de 2 h. On leur demande, l’évènement qui les a le plus marqué, et c’est souvent lié  aux homicides, aux suicides aussi, à tout ce qui implique les enfants, accidents mortels de la route avec enfant, ce genre de choses. »

Il vaut donc mieux y aller avec beaucoup de patience et de bienveillance.

La violence oui, mais au quotidien ce n'est pas facile

Les policiers savent qu’ils peuvent être confrontés à ce genre de situation. Delphine de Lavareille, chef de la zone des Trieux nous le confirme. Mais elle ajoute que ce n’est pas pour autant que l’on est capable de tout traverser sans séquelles. Comment vérifier si toutes les troupes sont en ordre de marche, voilà qui est par contre plus complexe.   

« On ne peut pas lier le taux d’absentéisme au bien être et au vécu émotionnel des policiers. Le bien être au travail, le vécu émotionnel, la charge psychosociale ou la maladie sont autant de facteurs qui peuvent expliquer l’absentéisme. Généralement, nous ne savons pas ce qui fait qu’un policier manque à l’appel.  Il y a évidemment des absences dues au vécu émotionnel. Quand vous êtes confrontés à des meurtres ou à de la violence intrafamiliale, à de la violence envers vos services,  à un incendie ou des accidents de la route avec victimes, cela reste très impactant pour le personnel, et il est important de pouvoir le prendre en charge »

Mais il n’y a pas que des évènements traumatiques, il y a aussi parfois un enchaînement de ces évènements comme l’explique Audrey Vicenzutto.

« Donc il y a effectivement des événements traumatiques en tant que tels qui vont marquer à un moment donné l’individu. Mais il y a aussi toute cette exposition permanente, un peu latente parfois, qui va engendrer une accumulation du stress et de la fatigue aussi parfois professionnelle. »

Quelles solutions ? 

Un des challenges au niveau des services de police est donc de travailler sur la prévention et sur la communication. Il faut un message clair qui dit que c'est normal de développer des difficultés d'ordre psychologique quand on est policier, quand on est confronté à des événements difficiles. Ce message est essentiel pour Delphine de Lavareille, chef de la zone des Trieux

« On essaie d’aider nos policiers, la ligne hiérarchique doit être proche et à l’écoute des membres du personnel - les gradés, les responsables d’équipes dont les membres du personnel vivent des situations importantes organisent des débriefing… Nous faisons aussi appel à stress team de la police fédéral. L’offre à laquelle nous ne recourons pas est celle de la province du Hainaut qui propose un appui psychologique aux intervenants. Simplement, parce qu’il n’y a pas de demandes particulières en ce sens. »

Il faut surtout selon les scientifiques casser cette barrière et cette représentation, de dire “je dois tout accepter parce que je suis policier ou tout encaisser".

« Dans notre zone, poursuit la chef de corps de la zone des Trieux, quand un membre du personnel est impacté personnellement, il peut toujours en parler à la personne de confiance ou à d’autres membres du personnel. C’est le rôle des conseillers en prévention des risques psychosociaux dans le cade de la violence au travail. Pour ce qui est des missions, nous avons aussi un projet de « peer to peer ». Nous aimerions former des membres de notre personnel à l’écoute active - des formations spécifiques qui permettraient aux policiers de s’aider entre pairs. »

Un fonctionnement en réseau, héritage du domaine informatique, appliqué à l’humain. Sur le principe de "seul celui qui a vécu une situation traumatisante peut comprendre ses pairs".

Dans tous les cas, et quelques soient les solutions qui seront dégagées à l’issue de l’étude de l’Université de Mons. Ce genre de journée d’étude va permettre de mettre en évidence l’importance de s’intéresser à la question de la santé mentale des policiers et de déstigmatiser tout ça.

Il s’agit en tout cas d’une première en Belgique. L’objectif de la journée de vendredi est véritablement de faire un point de contact, d’échanges, de faire un retour des premiers résultats obtenus, tout en allant se nourrir d’expériences internationales.

« Susciter aussi des pistes de réflexion pour l'avenir en termes pratiques, pour les responsables des services de police, mais aussi pour nous, en terme de poursuite des recherches scientifiques." conclut Audrey Vicenzutto, du service de psychopathologie légale. 

 

 

 

 

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