Ce vendredi, ça fait 45 ans que la Force aérienne prenait livraison de son premier avion de combat F-16. Il avait décollé de Charleroi le 26 janvier 1979, et donnait le coup d'envoi d'une longue carrière du petit chasseur-bombardier « léger »américain sous les cocardes belges.
Cet avion, immatriculé FB-01, s'était ensuite posé sur la base aérienne de Beauvechain. C’est à Gosselies qu’il avait été assemblé par la société aéronautique SABCA (devenue Sabena Engineering).
Le F-16 Fighting Falcon, développé par le groupe américain General Dynamics (devenu Lockheed Martin) comme chasseur multirôle, avait été choisi 5 ans plus tôt, en juin 1975 par la Belgique et par 3 autres pays européens de l'OTAN (Danemark, Norvège et Pays-Bas) pour remplacer leurs Lockheed F-104G Starfighter en service depuis le début des années 1960. Le cinquième partenaire, les États-Unis, était le maître d'œuvre de ce vaste programme international de coopération visant à construire un avion de technologie radicalement innovante , donnant à l'avion une grande manœuvrabilité.
La commande initiale belge portait sur 116 appareils pour un montant à l'époque de 30 milliards de francs. Une seconde tranche de 44 avions, appelée "Follow-on Buy" (FOB), avait été commandée en 1983 et avait permis le remplacement des Mirage 5 de la base de Florennes. Ces 160 chasseurs-bombardiers ont participé à toutes les opérations (Kosovo, Afghanistan, Libye, Irak et Syrie ainsi que la protection de l'espace aérien des pays baltes) auxquelles l'aviation militaire belge a pris part au cours des vingt dernières années.
Qu’en reste-t-il ?
Leur nombre s'est progressivement réduit au fil des ans, en raison d'accidents, de plans d'économies budgétaires et de revente d'appareils déclarés excédentaires à la Jordanie (27 en deux vagues, dont sept biplaces). Tous ont toutefois fait l'objet d'une modernisation à mi-vie de mises à jour régulières et de modifications structurelles. La cinquantaine d'avions encore en service équipe actuellement 4 escadrilles: 2 à Florennes et 2 à dans le Limbourg.
En septembre dernier, un premier F-16, le monoplace immatriculé FA-95 (l'antépénultième de la première commande passée en 1975) a atteint le chiffre fatidique des 8 000 heures de vol, qui marque la fin de vie structurelle fixée par le constructeur pour ce type d'appareil. Un deuxième appareil a atteint cette limite à la fin 2023, ce qui a réduit la flotte à 51 avions. Leur retrait graduel va s'échelonner jusque fin 2028, avec l'entrée en service progressive des 34 avions de combat de cinquième génération F-35A commandés aux États-Unis par le précédent gouvernement en octobre 2018 et également construits par Lockheed Martin.
Le premier F-35 a effectué le 10 décembre dernier sa sortie d'usine officielle lors d'une cérémonie organisée à Fort Worth, au Texas. Immatriculé FL001 et portant le numéro constructeur AY-01, il n'a toutefois pas encore effectué son premier vol. Les huit premiers Lightning II belges resteront stationnés durant plusieurs années aux États-Unis, le temps de former, avec quelques instructeurs déjà sur place, 48 pilotes et 120 techniciens.
Ce n'est qu'à la mi-2025 que les premiers avions sont attendus sur la base de Florennes pour y côtoyer les F-16 en fin de vie du 2e wing tactique. Le 10e wing tactique de Kleine-Brogel devrait percevoir ses premiers F-35 deux ans plus tard.
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