Les premiers chiffres de la réforme du chômage révèlent une réalité différente dans les grandes villes. À Charleroi, plus de la moitié des exclus lors de la première vague ont déjà sollicité l’aide du CPAS, un taux bien supérieur aux projections.
Selon les premières données publiées au niveau wallon, 34,5 % des personnes exclues du chômage se seraient tournées vers les CPAS. Des chiffres encore provisoires qui doivent toutefois être analysés avec prudence, car ils masquent d’importantes différences entre territoires. Dans les grandes villes, où la précarité est plus marquée, l’impact de la réforme apparaît déjà plus important.
À Charleroi, plus de la moitié des exclus aidés
À Charleroi, 1.143 personnes ont été exclues du chômage lors de la première vague entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
À ce stade :
-958 rendez-vous ont été organisés au CPAS
-776 dossiers ont été analysés
-645 personnes ont obtenu une aide du CPAS
Soit 56 % des personnes exclues, un chiffre nettement supérieur aux estimations fédérales. Ce taux pourrait encore augmenter, plusieurs dossiers étant toujours en cours de traitement.
Une pression appelée à augmenter
La première vague ne représente toutefois qu’une partie de l’impact de la réforme. À Charleroi, près de 4.000 personnes supplémentaires devraient encore être concernées lors des deux prochaines phases.
Pour les autorités locales, cette situation s’explique notamment par la concentration plus importante de publics précarisés dans les centres urbains, où l’accès au logement, aux services publics et aux transports attire davantage de personnes en difficulté.
Un coût important pour les finances communales
Si l’État fédéral prévoit une compensation financière totale la première année, celle-ci deviendra progressivement dégressive. De plus, certains revenus d’intégration ne sont pas compensés.
À terme, l’impact de la réforme pourrait représenter près de 10 millions d’euros pour les finances de la Ville de Charleroi d’ici 2030.
« Les premiers chiffres nationaux doivent être interprétés avec prudence. À Charleroi, plus d’une personne exclue sur deux se tourne déjà vers le CPAS », souligne le bourgmestre Thomas Dermine.
« Nos équipes sont pleinement mobilisées, mais la pression sur les CPAS urbains va encore augmenter dans les prochains mois », ajoute Philippe Van Cauwenberghe, président du CPAS.
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