Chaque voyageur devra être muni d'un titre de transport valable avant de monter dans le train à partir du 1er juillet, annonce mardi la SNCB. Actuellement, il est encore possible de payer son ticket à bord, si l'on s'acquitte d'un supplément de 9 euros.
En mettant fin à la vente à bord, la compagnie entend mieux lutter contre la fraude et garantir la sécurité des accompagnateurs de trains. La CGSP Cheminots/ACOD, elle, s'interroge quant à la "procédure suivie" et réclame "une réflexion approfondie avant toute suppression définitive".
Si les règles sont claires pour tout le monde, cela évitera des discussions, parfois agressives, entre les voyageurs et le personnel de bord lors des contrôles, explique la SNCB, qui indique que les discussions à ce sujet sont la principale cause d'agressions envers le personnel. "En 2025, 2.602 cas d'agressions ont été recensés à l'encontre du personnel de la SNCB, contre 2.103 l'année d'avant. Plus de quatre agressions sur dix impliquaient l'an dernier de la violence physique."
"Grâce à la fin de la vente à bord, les accompagnateurs de train pourront se concentrer sur leurs missions essentielles : assurer un voyage dans les meilleures conditions de sécurité et veiller à l'information, au contrôle et à l'accompagnement des voyageurs."
La mesure contribuera également à réduire la fraude en supprimant la possibilité de n'acheter un ticket qu'en cas de contrôle. Aujourd'hui, 7% des voyageurs ne présentent pas de titre de transport valable lorsqu'ils sont contrôlés. Et la vente à bord ne représentait plus que 1,5% de l'ensemble des ventes l'an dernier.
La CGSP Cheminots/ACOD a indiqué dans un communiqué s'interroger quant à la "procédure suivie" par la SNCB. "Nous constatons en effet que l'analyse de risques est toujours en cours, alors même que certaines décisions semblent avoir déjà été actées. Or, cette analyse doit être présentée dans les instances compétentes en matière de bien-être au travail, et les mesures de prévention qui en découlent doivent faire l'objet de discussions au sein des comités PPT", a écrit le syndicat socialiste. Ce dernier a ajouté attendre "que cette analyse démontre, de manière objective, que les mesures envisagées contribueront effectivement à réduire les agressions".
Selon le syndicat, un autre facteur a pesé dans la décision de supprimer la vente de billets à bord. La SNCB devait supprimer la vente de billets à bord ou réintroduire le paiement en espèces. La compagnie ferroviaire a confirmé avoir bénéficié d'une dérogation du Service public fédéral (SPF) Économie concernant l'obligation d'accepter les espèces, dispensant ainsi les accompagnateurs de transporter de l'argent liquide. Cette dérogation expire fin juillet. "Cela a peut-être influencé le calendrier, mais pas la décision elle-même de supprimer la vente de billets à bord", a réagi Dimitri Temmerman, porte-parole de la SNCB.
La SNCB a dit s'aligner avec la plupart des autres pays européens où il n'est déjà plus possible d'acheter son ticket dans le train. Chaque année, la compagnie perd des dizaines de millions d'euros en raison de la fraude. La lutte contre le phénomène est une priorité de l'entreprise qui précise avoir augmenté ses contrôles de 50% l'an dernier.
Concrètement, toute personne ne pouvant présenter de titre de transport valable recevra un QR code qui lui permettra de se régulariser dans les deux semaines. Elle aura alors la possibilité de démontrer qu'elle possédait bien un titre de transport valable au moment du contrôle. Si elle ne peut fournir de justificatif, elle devra s'acquitter d'un montant de 90 euros. Passé le délai de deux semaines, le fraudeur s'exposera à une amende administrative de 250 euros, pouvant aller jusqu'à 500 euros en cas de récidive.
La CGSP/ACOD "réaffirme que l'accessibilité effective à l'achat d'un billet — qu'il s'agisse des automates ou des applications — demeure aujourd'hui loin d'être garantie, rendant indispensable une réflexion approfondie avant toute suppression définitive de la vente à bord", a encore indiqué le syndicat.
De son côté, l'association qui représente les voyageurs en Région wallonne, Navetteurs.be, juge "profondément scandaleuse" la décision de la SNCB et y voit "une faute morale". Selon elle, la suppression de la vente à bord va placer sur le même pied d'égalité ceux qui ne veulent pas payer et ceux qui ne le peuvent pas, parfois pour des raisons directement imputables à la SNCB elle-même.
Navetteurs.be déplore en outre "le passage en force de la SNCB sur la question ainsi que son mépris de plus en plus manifeste des mécanismes consultatifs, certes non contraignants, prévus par la loi".
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