La cour d'assises du Hainaut a entendu vendredi les experts en santé mentale chargés d'examiner Paolo et Antonino Falzone dans le cadre du procès du drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies.
Ils ont d'abord présenté le profil de Paolo Falzone, le conducteur du véhicule, et ont estimé qu'aucun trouble mental n'altérait son discernement au moment des faits et qu'il conservait le contrôle de ses actes.
Paolo Falzone est poursuivi pour sept meurtres et 81 tentatives de meurtre après les faits survenus le 20 mars 2022. Antonino Falzone est, lui, renvoyé pour non-assistance à personne en danger.
Le neuropsychiatre Xavier Bongaerts et le psychologue Donatien Marquet, désignés par le juge d'instruction, ont détaillé devant la cour les conclusions de leurs expertises au sujet de Paolo Falzone, réalisées peu après les faits puis à nouveau après la reconstitution de juillet 2023.
Les experts ont décrit un homme replié sur lui-même lors des premiers entretiens menés en prison, inquiet avant tout des conséquences judiciaires de l'affaire et minimisant ses antécédents en matière de roulage. Ils ont également relevé chez lui une forte valorisation de l'automobile et des véhicules puissants, considérés comme des symboles de réussite sociale et de valorisation personnelle.
Les tests psychologiques réalisés n'ont mis en évidence ni retard mental ni trouble psychiatrique majeur. Les experts ont toutefois pointé certaines limites intellectuelles, une faible conscience de celles-ci ainsi qu'une personnalité immature, égocentrée et en quête de reconnaissance. Ils ont également relevé une attirance pour les sensations fortes, des difficultés à gérer la frustration et une tendance à la transgression.
Selon les experts, la voiture occupe une place centrale dans l'identité de Paolo Falzone. Ils évoquent une fragilité narcissique compensée par l'importance accordée aux véhicules valorisants et parlent d'un profil "autophile", mêlant centrage sur soi et passion marquée pour l'automobile.
Les spécialistes ont également examiné l'évolution psychologique de l'accusé après plusieurs mois de détention. Des éléments dépressifs liés à son incarcération et à la dégradation de sa qualité de vie sont apparus, sans toutefois révéler de dépression sévère, de trouble anxieux majeur ou de stress post-traumatique important.
Lors de la reconstitution du 5 juillet 2023, Paolo Falzone s'est montré réservé et peu démonstratif sur le plan émotionnel. Les experts estiment néanmoins qu'il a progressivement exprimé de la honte et de la tristesse envers les victimes, leurs proches et sa propre famille. Ils soulignent qu'il reconnaît sa responsabilité dans les faits et qualifie lui-même son comportement d'inconscient.
Les experts concluent qu'aucun trouble mental n'altérait son discernement au moment des faits et qu'il conservait le contrôle de ses actes.
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