L'ancien manager sportif Vincent Stavaux a comparu mardi matin devant la cour d'appel de Mons, où il est rejugé pour des faits d'attentats à la pudeur commis par la ruse sur plusieurs jeunes basketteurs entre 2005 et 2011.
Condamné en première instance à une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont la moitié assortie d'un sursis probatoire, il avait immédiatement fait appel. Libéré sous conditions depuis janvier 2023, il n'a jamais été incarcéré.
Le ministère public, qui a également interjeté appel, estime qu'un régime probatoire ne répond pas aux enjeux du dossier. Il requiert une peine de sept ans d'emprisonnement et demande le maintien des interdictions déjà prononcées, notamment celle d'exercer toute activité impliquant des mineurs. La défense sollicite pour sa part une peine identique à celle de première instance, mais entièrement assortie d'un sursis probatoire. Un arrêt sera prononcé le 7 avril.
L'affaire avait débuté en janvier 2022 lorsqu'un ancien joueur du Spirou de Charleroi, alors adolescent au moment des faits, avait dénoncé des gestes à caractère sexuel survenus lors de séances de sophrologie animées par Vincent Stavaux. À la suite de cette première plainte, sept autres jeunes, âgés de 13 à 18 ans à l'époque, s'étaient manifestés. Tous décrivaient un déroulé similaire: des séances présentées comme du renforcement mental, au cours desquelles des comportements à caractère sexuel auraient été imposés.
Lors du procès en première instance, Vincent Stavaux avait reconnu certains gestes, affirmant qu'ils s'inscrivaient dans un cadre censé renforcer la confiance des jeunes joueurs. Il leur aurait ensuite demandé de ne pas en parler à leurs proches. L'homme, aujourd'hui sexagénaire, a longtemps occupé une place importante dans le paysage sportif belge. Il a notamment été manager de plusieurs athlètes de haut niveau et organisateur d'événements sportifs, avant d'être écarté de ces activités après l'ouverture de l'enquête.
Devant la cour d'appel, l'avocat général a insisté sur la gravité des faits et sur la position d'autorité occupée par le prévenu au moment des événements. Selon le ministère public, les témoignages recueillis au cours de l'instruction présentent une cohérence importante et décrivent un mécanisme structuré, mis en place sur plusieurs années. L'accusation estime que les jeunes concernés se trouvaient dans une situation de vulnérabilité, dépendant de l'influence de Vincent Stavaux pour la poursuite de leur parcours sportif.
Le ministère public considère par ailleurs que l'intéressé ne manifeste pas de remise en question suffisante. Un rapport psychologique récent évoque un déni persistant, ce qui conduit l'accusation à douter de l'efficacité d'un suivi probatoire.
Interrogé par la cour, Vincent Stavaux a exprimé des regrets et affirmé avoir entrepris un travail personnel depuis plusieurs années. L'intéressé indique ne plus exercer d'activité auprès de mineurs depuis 2011 et travailler aujourd'hui dans une société française.
Son avocat, Me Jean‑Philippe Mayence, souligne que son client avait déjà pris certaines mesures avant la médiatisation du dossier. Il estime que le jugement de première instance n'a pas correctement pris en compte cette démarche et rappelle que les conditions imposées par le juge d'instruction ont été respectées. La défense considère qu'un emprisonnement ne présenterait pas d'utilité particulière et plaide pour un sursis probatoire intégral.
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