EXCLU TELESAMBRE | Marcel Pillod, qui avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et qui avait pris la fuite avant la verdict de la Cour d'assises du Hainaut, a été arrêté mercredi soir par la police française, dans la région de Nancy.
La cour d'assises avait condamné, le vendredi 16 janvier 2026, Marcel Pillod, 69 ans, à la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il avait été reconnu coupable, la veille, d'assassinat, d'abus de confiance et de fraude informatique. Dans la nuit précédent le verdict, l'homme avait pris la fuite. Il était alors considéré comme fugitif par la justice belge. Le ministère public avait requis son arrestation immédiate. Activement recherché, il a donc été arrêté mercredi soir, dans la région de Nancy, en France.
Pour rappel, le 17 mai 2017, le corps sans vie d'Albert Baise, 74 ans, avait été découvert dans une valise flottant sur le canal Charleroi-Bruxelles, à hauteur de l'écluse de Viesville. L'analyse de son pacemaker avait permis d'établir que le décès remontait au 26 avril à 15h57. L'enquête a démontré qu'il avait été tué par Marcel Pillod, son voisin et ami.
Le médecin légiste avait relevé la présence d'hématomes sur le visage de la victime ainsi qu'une accélération soudaine de son rythme cardiaque juste avant sa mort.
Les enquêteurs s'étaient rapidement intéressés à l'origine de la valise, un modèle vendu dans un magasin de sport de Charleroi. Celle-ci avait été achetée le matin du 26 avril par Marcel Pillod, qui avait réglé en liquide. Il était accompagné de son fils, Steven.
Voisin de la victime, Marcel Pillod était rapidement apparu comme suspect. Il avait en effet retiré de l'argent et transféré des fonds appartenant à Albert Baise vers son propre compte après le décès. Il avait également contacté la police et plusieurs hôpitaux, se disant inquiet de l'absence de son ami.
Soumis à un test polygraphique au cours de l'enquête, Marcel Pillod avait nié avoir tué Albert Baise. Il avait réussi ce test. Il a maintenu cette ligne de défense durant l'ensemble du procès, tout en reconnaissant les autres accusations.
Le fils de l'accusé, Steven, comparaissait également, bien qu'il ait bénéficié d'un non-lieu devant la chambre du conseil. Marcel Pillod affirmait que son fils l'avait aidé à placer le corps dans la valise, qu'il avait lui-même lestée. Steven a toujours nié toute implication. Jeudi, la cour l'a acquitté, suivant le réquisitoire du ministère public.
Pour les jurés, la vérité judiciaire est sans ambiguïté. Qualifié de cupide, Marcel Pillod a attiré Albert Baise chez lui avant de l'agresser. Il lui a notamment retiré la canule qui l'aidait à respirer à la suite d'une trachéotomie, puis a obstrué l'orifice à l'aide d'un morceau de papier journal torsadé, dont une page déchirée a été retrouvée à son domicile. Il a ensuite placé le corps dans la valise achetée le matin même et l'a jetée dans le canal, avant de tenter de se construire un alibi.
Dans leur verdict, les juges n'ont retenu aucune circonstance atténuante. Ils ont estimé que l'accusé avait agi par cupidité afin de s'approprier les avoirs bancaires de la victime. Ils ont également souligné l'acharnement et la violence dont il a fait preuve, infligeant de graves souffrances à un homme vulnérable en raison de son âge et de son état de santé. Ils ont enfin relevé le mépris manifesté à l'égard de la dépouille, dissimulée dans une valise et jetée à l'eau, ainsi que les traits narcissiques mis en évidence par les experts en santé mentale.
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