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La désertification des banques à Charleroi inquiète Défi

De plus en plus de riverains et de commerçants s'inquiètent de la fermeture des agences bancaires. Une problématique évoquée lors du conseil communal de Charleroi hier soir. Entre 2015 et 2018, on est passé de 70 à 59 agences sur le territoire carolo. Comment expliquer ce phénomène et est-ce que des mesures sont prises? 

En trois ans (de 2015 à 2018), Charleroi a vu 11 agences bancaires fermer leurs portes selon les chiffres du quotidien Le Soir. La 1ère métropole wallonne compte bien moins d’agences par nombre d’habitants que Gand ou Mons. 

Proportionnellement, Fontaine-l’Evêque, Chapelle-lez-Herlaimont, Pont-à-Celles et Charleroi sont les communes les moins bien desservies de notre région. Tandis que Beaumont, Erquelinnes, Chimay et Gerpinnes seraient mieux desservies lorsque l’on compare le nombre d’agences présentes au nombre d’habitants de l’entité. Un constat qui interpelle le conseiller communal carolo Défi.

"La première chose que j'ai demandé au collège, c'est les chiffres. On identifie les besoins. La deuxième proposition que j'ai faite, c'est de réfléchir à modifier le règlement communal et taxes sur les établissements bancaires. Le troisième point que j'ai sollicité, c'est le fait d'amener ce problème auprès de Charleroi Métropole avec les autres communes qui souffrent de cette désertification bancaire" confie Jean-Noël Gillard, chef de file Défi. 

Une majorité d'accord dans les faits mais...

Pour le conseiller communal, les banques participent à l’attractivité des commerces de proximité. Entre autres, elles permettent d’éviter aux commerçants de faire des frais pour détenir un terminal bancaire. La majorité carolo partage les inquiétudes de Défi.

"Il faut faire la distinction entre ce que la commune est en capacité de faire et de ce qu'elle n'est pas en mesure de faire. Nous plaidons pour un moratoire sur la suppression des agences et des terminaux bancaires. Mais nous ne pouvons pas, malheureusement, l'imposer en tout cas au niveau communal. Si la ville n'a pas de pouvoir de contrainte, elle a un pouvoir d'influence" assure Eric Goffart, échevin C+.

Un facteur important : la numérisation

Mais selon la majorité, elle ne peut agir au niveau communal puisque c’est au fédéral que cela se joue. Comment expliquer une telle désertification des banques?

"De plus en plus, les clients passent par des solutions de PC banking ou de banque mobile qui évite de devoir se déplacer en agence. Et donc il y a une diminution. Chaque banque gère son réseau d'agences et donc va déterminer de critères comme la population, de proximité commerciale pour être en contact avec les clients" analyse Rodolphe De Pierpont, porte-parole de Febelfin, la fédération d’institutions financières belge.

Toujours est-il que la fracture numérique se creuse et augmente les inégalités sociales. Un enjeu que certaines banques ont compris puisque quatre d’entre elles (Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC) s'unissent et promettent qu’à l’avenir 95% de la population belge devrait avoir accès à un distributeur à une distance maximale de 5 km de chez elle. 


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