Des enfants du club Royal Jumet Sport se sont mobilisés ce lundi lors du conseil communal de Charleroi pour défendre leur club. Ils réclament des réponses concernant un terrain synthétique promis il y a cinq ans.
Accompagnés de membres du club, d’entraîneurs, de responsables et de parents, les jeunes étaient bien décidés à se faire entendre. « On est prêts à rester toute la soirée », nous confient certains. D’autres ajoutent : « Ça fait 5 ans qu’on attend. Nos terrains sont toujours inondés. On veut juste un terrain. »
Depuis plusieurs années, la pratique du football (entrainements, matchs, stages) est fortement dépendante de la météo. Le Royal Jumet Sport dispose de deux terrains en herbe non drainés, régulièrement impraticables en période de pluie.
Une solution semblait pourtant se dessiner dès 2021, avec la perspective de subsides InfraSports. Le projet s’est concrétisé en 2025, avec l’octroi de 910 000 euros à la Ville, notamment pour la construction d’un terrain synthétique. Pourtant, à ce jour, rien n’a encore été réalisé. Le club attend des explications, tout comme le groupe MR-IC, qui a interpellé le collège communal sur le sujet.
La question de Nicolas Tzanetatos (MR-IC), retenu en commission, a été relayée par son chef de groupe Jean-Noël Gillard. « Le terrain de Jumet est dans un état très mauvais. En mai dernier, vous affirmiez qu'il ne manquait plus que la signature de la ministre pour lancer le projet. Pourtant, la Région a toujours respecté la procédure. Le vrai problème ne viendrait-il pas de la Ville et non de la Région ? »
Réponse du collège
Karim Chaïbaï (PS), échevin des Sports, reconnaît des retards importants du côté de la région : « Nous avons perdu plusieurs mois avant d’obtenir la promesse de subsides. Au total, cela représente plus de deux ans de retard, faute de réponses du gouvernement. » Selon lui, si ces réponses étaient arrivées plus tôt, le projet aurait pu être intégré au budget communal. Aujourd’hui, le principal obstacle est financier : la Ville n’est plus en mesure d’assumer sa part, soit 45 % du projet, estimée à 666 000 euros hors TVA.
Malgré cela, plusieurs démarches ont été entreprises :
- une demande de délai supplémentaire de six mois auprès de la Région, qui a été accordée (janvier 2027);
- une prolongation de l’offre de l’entreprise sélectionnée.
« Dès que les conditions financières le permettront, le projet pourra aboutir », assure l’échevin.
Le bourgmestre Thomas Dermine (PS) rappelle que la Ville s’est battue pour faire aboutir le dossier et obtenir les subsides. Il renvoie également la critique au MR : « Nous ferons notre part. Mais le MR, qui nous critique, participe aussi à des décisions comme le Plan Oxygène, qui limitent nos capacités d’investissement. Je m’engage malgré tout à me battre pour la réalisation du projet. »
Réplique et tensions politiques
Jean-Noël Gillard regrette que le débat prenne une tournure politique et pointe le manque de solutions concrètes. Karim Chaïbaï partage ce constat, tout en répondant directement : « Ce n’est pas une tribune politique. Regardez les enfants et dites-leur que vous avez suggéré que le club paie 50 000 euros. C’est ça, la réalité. » Il réaffirme que le projet reste une priorité, sous réserve de moyens financiers.
Comme souvent, les échanges dérivent ensuite vers des débats plus larges autour du Plan Oxygène, de la gestion passée de la Ville et des responsabilités respectives du PS et du MR. Pendant ce temps, les principaux concernés restent dans l’attente. « C’est du vent, on n’a reçu aucune réponse ce soir », confie un responsable du club.
Une fin de séance toujours sans réponse claire
Arrivé en cours de séance, Nicolas Tzanetatos dénonce des « mensonges ». Il affirme que le Plan Oxygène n’empêche pas ce type d’investissement et que la Région a respecté les délais. Selon lui, les retards sont à imputer à la Ville.
« Je comprends les difficultés financières, mais il faut trouver des solutions. Pourquoi ne pas envisager une emphytéose ? Cela permettrait d’attirer des sponsors et d’avoir une vision à long terme. On ne peut pas continuer à faire jouer les enfants dans la boue », insiste-t-il.
Il conteste également la version avancée sur les subsides : selon lui, la procédure InfraSports prévoit une promesse claire et aucun blocage du côté régional.
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