Les débats étaient nombreux lors du conseil communal carolo. Une motion pour maintenir L’Antre du Jeu a été voté, l’avenir des victimes de l’incendie rue Vital Françoisse mais aussi la stratégie globale de la ville pour la relance commerciale.
Lire aussi : « On veut juste un terrain » : des enfants présents au conseil communal carolo
Quel avenir pour L’Antre du Jeu ?
L’Antre du Jeu, à Marcinelle, accueille gratuitement des familles depuis 30 ans. Il y a quelques semaines, la Ville annonçait sa fermeture pour raisons financières, en lien avec le Plan Oxygène de la Région wallonne. Ce lundi, le conseil communal a adopté une motion en faveur de la sauvegarde de la structure. Le texte, porté par le PTB et amendé par le PS et Les Engagés, a été approuvé à la majorité, le MR-IC votant contre.
La motion demande le maintien d’un service d’accueil de la petite enfance sur le modèle de L’Antre du Jeu, ainsi que des solutions concrètes et un soutien financier du Gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pauline Boninsegna, conseillère et cheffe de groupe PTB insiste sur l’importance du dispositif : « Ce n’est pas un luxe, mais un investissement utile pour la vie du quartier et l’égalité dans l’accueil de la petite enfance. » Elle alerte aussi sur les conséquences possibles de la disparition de ce type de structures, avec un risque d’inégalités accrues entre les familles.
Le MR-IC avait déposé des amendements, rejetés lors du vote. Jean-Noël Gillard défend une logique de responsabilisation et estime que le Plan Oxygène n’est pas directement à l’origine de la fermeture. Pauline Boninsegna juge ces amendements « contradictoires » avec l’esprit de la motion. Du côté du PS, David Jadoul estime que le MR cherche à se dédouaner de décisions prises à d’autres niveaux de pouvoir, rappelant que L’Antre du Jeu est aussi un lieu de rencontre essentiel pour les enfants.
L’espoir d’une reprise
L’échevine de la Petite Enfance Alicia Monard (PS) se veut prudente mais ouverte : le personnel sera réaffecté dans les structures communales, et une reprise de L’Antre du Jeu reste envisagée. « Des pistes existent, notamment parce que de nombreuses structures orientaient les familles vers ce lieu. Nous travaillons à une solution, sans donner de faux espoirs », précise-t-elle.
Incendie rue Vital Françoisse
Il y a une semaine, un incendie dans un immeuble de la rue Vital Françoisse à Marcinelle a contraint 63 ménages à quitter leur logement en urgence. Au conseil communal, Pauline Boninsegna (PTB) relaie le témoignage d’une habitante contrainte d’enchaîner les hôtels avec ses enfants, pour un coût d’environ 1 000 euros en une semaine. Une situation jugée intenable. La conseillère demande quelles aides sont prévues, tant en matière d’accompagnement que de relogement.
Nicolas Tzanetatos (MR-IC) interroge également le collège sur les capacités de relogement de la Ville et du CPAS, ainsi que sur l’état global du parc locatif en matière de salubrité et de sécurité. Des réponses très attendues par les sinistrés présents dans la salle du conseil.
Réponse du collège
Le bourgmestre indique qu’un centre d’accueil d’urgence a été ouvert dès la nuit de l’incendie. La Ville travaille désormais sur les aides financières et les solutions de relogement, avec un suivi dans la durée. Philippe Van Cauwenberghe (PS), président du CPAS, précise que chaque situation est analysée individuellement. Plusieurs familles ont été hébergées à l’hôtel via des conventions d’urgence sociale.
Il souligne toutefois une limite : « Plusieurs personnes ont été relogées dans des hôtels, avec lesquels ont a une convention pour urgence sociale. Le problème, c’est que lorsque des familles disposent de moyens, le CPAS n’intervient pas. »
La Ville invite les personnes concernées à se présenter au CPAS afin d’examiner leur situation et d’envisager un accompagnement adapté.
Baisse du cadastre dans certaines rues commerçantes
La Ville de Charleroi a récemment annoncé la révision du revenu cadastral commercial dans plusieurs rues du centre. L’objectif : soutenir les commerces existants et redynamiser certaines artères, comme la rue de la Montagne. Concrètement, les baisses annoncées sont de 30 % pour la rue Neuve, 67 % pour la rue de la Montagne et 33 % pour la rue de Dampremy.
Nicolas Tzanetatos, conseiller MR-IC, soutient la mesure, mais s’interroge sur sa cohérence. Il rappelle que, le mois précédent, la Ville évoquait un excès de surfaces commerciales et la nécessité de transformer certaines cellules en logements, notamment à la rue Neuve. « Aujourd’hui, vous baissez le revenu cadastral comme levier de relance commerciale : j’aimerais comprendre la stratégie », résume-t-il. Il plaide aussi pour une extension de la mesure à d’autres rues.
Isabella Greco, conseillère et cheffe de groupe PS, salue également l’initiative, tout en demandant des précisions sur la stratégie globale de redynamisation du centre-ville, en particulier pour les trois artères concernées.
Réponse du collège
Le bourgmestre Thomas Dermine (PS) rappelle qu’il s’agit d’une première en Belgique, issue d’une procédure longue. Il n’exclut pas d’étendre la mesure, mais souligne que cela prendra plusieurs années. « Notre objectif est de nous recentrer. La rue de Dampremy est prioritaire : mieux vaut une rue commerçante pleine que plusieurs à moitié vides. Si la rue Neuve est concernée, c’est parce que les démarches ont été lancées il y a plus de cinq ans, dans un autre contexte », explique-t-il.
Le bourgmestre se réjouit également d’une dynamique positive qui semble émerger à la rue de la Montagne. Éric Goffart (Les Engagés), échevin des Finances, confirme que la démarche se poursuivra progressivement : « On commence par trois rues, puis on évaluera les possibilités d’extension. »
De son côté, l’échevin du Commerce Tanguy Luambua (Les Engagés) précise la ligne de conduite : encourager la reconversion en logements là où c’est pertinent, tout en maintenant une activité commerciale dans les zones à potentiel. « On ne peut pas faire du commerce partout », résume-t-il, citant notamment la rue Neuve comme exemple de rééquilibrage possible.
Sur le même sujet
Recommandations
Charleroi n’introduira pas de recours contre l’annulation de la taxe aéroportuaire
La Ville de Charleroi met de l'ordre dans son contentieux autour des immeubles inoccupés
Charleroi Métropole : penser le territoire au-delà des frontières communales
Le bourgmestre et les échevins carolos au contact des habitants de Marchienne-au-Pont
Thuin : du matériel communal d’égouttage fourni à des particuliers, une enquête interne ouverte
La ministre Neven fustige la demande d'avance et de prêt de la Sambrienne
Le Groupe PS à la Chambre salue la décision du Gouvernement de renoncer à l'augmentation de la TVA