La venue à Charleroi du vice-président exécutif de la Commission européenne suscite des réactions contrastées. Entre enjeux politiques, financements européens et mobilisation citoyenne, la visite ne laisse pas indifférent.
Raffaele Fitto est un ancien ministre au sein du gouvernement de Giorgia Meloni qui occupe aujourd’hui un poste stratégique à la Commission européenne. À ce titre, il gère un portefeuille majeur lié à la cohésion économique et sociale, représentant près d’un tiers du budget total de l’Union européenne pour la période 2021-2027.
C’est dans ce contexte qu’il est attendu demain à l’UCampus Charleroi. Une visite qui s’inscrit dans une tournée européenne visant à mettre en lumière des projets financés par l’Union.
Montrer l’Europe à travers ses projets
Pour les autorités régionales, cette visite est avant tout institutionnelle. Adrien Dolimont assume pleinement la venue du commissaire :
« C’est en tant que commissaire européen qu’il viendra, en charge de la cohésion européenne et sociale. C’est l’occasion de montrer à l’Europe des projets qu’elle a financés. Ce serait une erreur de mettre la région en porte-à-faux. Et puis, l’Italie reste un État démocratique partenaire. »
Du côté de l’organisation, la direction du campus évoque une visite officielle classique, à la demande de la commission dans la cadre d’une tournée européenne et menée en collaboration avec la Région wallonne. Selon elle, il n’y avait pas de raison de refuser l’accueil d’un représentant européen, d’autant plus venant de pouvoirs subsidiants.
Même position ou presque du côté de la Ville. Le bourgmestre Thomas Dermine précise :
« En tant que bourgmestre, je vais l’accueillir mais je ne ferai pas courbette. Quelles que soient mes convictions politiques, je vais remplir mon rôle pour accueillir un membre de la Commission européenne. »
Une contestation qui s’organise
Mais cette venue est loin de faire l’unanimité. Dans les milieux syndicaux, académiques et associatifs, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une banalisation de l’extrême droite.
Pour Fabrice Eeklaer, secrétaire fédéral de la CSC Sambre et Meuse : « Il y a quelques années, tout un gouvernement pouvait tourner le dos à un autre gouvernement d’extrême droite, comme en Autriche. Ici, c’est une ligne rouge qui est franchie. »
Même inquiétude pour Élodie Verlinden, professeure et administratrice du Centre d’Action Laïque de Charleroi : « On a cru à une blague du 1er avril, mais il n’en était rien. Un responsable politique d’extrême droite a bien été invité dans notre campus universitaire. »
La mobilisation gagne aussi les étudiants. Erwann, inscrit en sciences humaines et sociales, dénonce : « Ce serait une grave erreur de lui dérouler le tapis rouge dans une école. On dit non tout court à l’extrême droite. »
Une mobilisation annoncée
Face à cette visite, une lettre ouverte circule en ligne pour appeler à protester contre l’accueil du commissaire européen. Plusieurs rassemblements antifascistes sont également annoncés demain à la mi-journée, notamment devant l’Université du Travail.
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