A sept semaines de la rentrée scolaire, la commission Education du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté lundi soir plusieurs décrets concernant l'enseignement.
Dans un souci de simplification administrative pour les directions, le texte abroge notamment l'obligation pour les écoles fondamentales de fournir en début d'année scolaire une estimation des frais facultatifs qui seront réclamés aux parents.
"La simple indication des bases légales concernant la gratuité dans le règlement d'ordre intérieur est largement suffisante", justifie le texte déposé par la ministre de l'Education, Valérie Glatigny (MR).
Le texte prévoit par ailleurs une prolongation jusqu'à la rentrée scolaire 2029 du principe d'équivalence entre titre requis et titre suffisant actuellement en vigueur afin de réduire la pénurie d'enseignants.
En revanche, la mesure de valorisation pécuniaire des années d'expérience acquise en dehors de l'enseignement est reportée vu le contexte budgétaire actuel. La mesure avait pour but d'attirer davantage d'enseignants de seconde carrière.
Le décret approuvé lundi soir offre par ailleurs la possibilité aux écoles de rémunérer les bénévoles qui surveillent le temps de midi. Il prévoit également une indexation des budgets dévolus à la formation continue des profs.
Le texte contient aussi une série de mesures visant le pilotage global de l'enseignement spécialisé, tout comme la réduction des temps de transport pour les enfants qui y sont scolarisés. Un dispositif harmonisé de chambres de recours en cas de refus d'aménagements raisonnables dans les écoles de la FWB y est également inclus.
Le texte a été approuvé lundi soir par les députés de la majorité MR-Engagés. L'opposition PS a voté contre. PTB et Ecolo se sont abstenus.
Un décret sur les exclusions scolaires et refus de réinscription
La commission Education du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé lundi un projet de décret qui apporte une série de modifications au décret de 2024 portant sur les exclusions scolaires et refus de réinscription.
Les changements apportés visent notamment à raccourcir les délais de notification afin d'éviter l'allongement de la procédure.
"L'objectif est d'éviter qu'un élève exclus ne reste trop longtemps sans solution, ce qui accroît le risque de décrochage scolaire", selon la ministre de l'Education, Valérie Glatigny (MR), à l'origine du texte.
Autre nouveauté: le pouvoir d'injonction de l'administration à imposer l'inscription d'un élève exclus dans un nouvel établissement pourra dorénavant s'appliquer à tous les réseaux d'enseignement, et non plus seulement sur Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE, ex-Etat).
Le projet de décret a été approuvé lundi tant par les députés de la majorité que ceux de l'opposition.
Selon des chiffres fournis lundi par la ministre en commission, 2.362 mesures d'exclusions définitives ont été prononcées au cours de l'année scolaire 2024-2025. Un chiffre auquel il faut encore ajouter 1.609 refus de réinscription exprimés en fin d'année scolaire.
Adaptation du cadre contre le décrochage scolaire
La commission Education du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé lundi un projet de décret qui adapte les mesures de lutte contre le décrochage scolaire définies en mai 2024.
Selon la ministre de l'Education Valérie Glatigny (MR), le nouveau texte poursuit un objectif de simplification administrative. Il vise aussi à assurer un meilleur suivi des élèves en décrochage en clarifiant le rôle de chacun des acteurs, en coordonnant plus efficacement leur action, tout en renforçant les outils de vérification de présence en classe.
"Plus l'intervention est précoce, plus le jeune a des chances de rester dans le système éducatif", a insisté lundi la ministre lors du débat sur son texte.
Ce projet de décret apporte aussi une série de changements à la mise en oeuvre du Dossier d'accompagnement de l'élèves (DAccE) en réduisant notamment la charge administrative et les encodages pesant sur les équipes pédagogiques.
Le projet a été adopté lundi par les députés de la majorité MR-Engagés. L'ensemble de l'opposition a voté contre.
Le PS a déploré un "renoncement" de la ministre face au décrochage. Ecolo a, lui, regretté un "recul" à la fois sur la prévention et la prise en charge des élèves concernés.
Le PTB a même qualifié le projet de "plan machiavélique" qui va surtout impacter les élèves socio-économiquement défavorisés, signant ainsi, selon la formation marxiste, la volonté du MR et des Engagés d'instaurer un "système scolaire à deux vitesses".
Plusieurs milliers d'élèves décrochent de l'école chaque année. Un phénomène qui a connu une forte progression dans le sillage de la crise sanitaire.
Le Pacte pour un enseignement d'excellence adopté il y a près de dix ans s'est fixé pour objectif de réduire ce décrochage scolaire de moitié.
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